Côte d'Ivoire : Cynisme à Duekoué, accusé de vol de plaquettes d'œufs, un jeune torturé par électrocution
Le jeune vigile électrocuté, ici dans un centre de santé (Ph KOACI)
La torture est devenue un fait banal dans cette partie de l'ouest de la Côte d'Ivoire, où pour se rendre eux-mêmes justice, certaines personnes exercent des sévices corporels sur leur semblable.
En effet, dans le village de Tahibly Glodé, connu sous le nom de "scierie" près de Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, un acte d'une violence inouïe a récemment secoué la localité.
Kouamé Kouadio, un jeune vigile employé sur une ferme, a été victime de tortures inimaginables après avoir été accusé de voler sept plaquettes d'œufs appartenant à son employeur, Zongo Kouka Oumarou, apprend KOACI de sources sur place.
L'incident, survenu le dimanche 2 juin, a révélé des détails effroyables. Selon des témoignages recueillis sur place, Zongo, avec l'aide de ses frères, a enlevé Kouamé et l'a conduit de force au village. Là-bas, le jeune homme a été ligoté avec des fils de fer, battu sans pitié et électrocuté à l'aide de câbles électriques pendant trois jours consécutifs. Durant cette période de torture, Kouamé n'a reçu ni nourriture ni eau, rendant son calvaire encore plus insoutenable.
Pour obtenir la libération de Kouamé, ses tortionnaires ont exigé une somme exorbitante de 700 000 francs CFA, prétendant que ce montant était nécessaire pour compenser les coûts de production des œufs supposément volés. Malgré les efforts désespérés de sa famille pour réunir cette somme et le sortir de cet enfer, Zongo et ses complices ont refusé toute négociation.
Au comble de l'inhumanité, Zongo a conduit Kouamé au commissariat de police de Duékoué, déposant une plainte contre lui et réclamant le paiement des 700 000 francs CFA. Le jeune vigile, déjà affaibli par la torture, s'est retrouvé derrière les barreaux, accusé injustement.
La situation a attiré l'attention de Tra Bi, qui est également le président des jeunes du quartier où réside Kouamé.
Indigné par la cruauté de cet acte, Tra Bi a déposé une plainte contre Zongo pour torture et sévices corporels. Selon lui, Kouamé, après avoir été hospitalisé à Duékoué, est ressorti paralysé et porte encore les stigmates de la torture, avec des contusions visibles sur tout le corps. Il est à noter que Kouamé avait subi une opération pour une hernie quelques mois auparavant, aggravant ainsi sa situation physique déjà précaire.
"Nous avons en mémoire la mort tragique d'un jeune instituteur tué à Bangolo dans des conditions similaires. Nous ne pouvons permettre que de tels actes de barbarie se reproduisent," a déclaré Tra Bi avec véhémence.
"Nous vivons dans un État de droit et personne n'a le droit de se faire justice soi-même. Nous condamnons fermement les actions de Zongo Kouka Oumarou et demandons au procureur de la République de prendre en charge cette affaire afin de maintenir la paix et la sécurité dans la région. Ce que nous avons vu est non seulement cruel, mais profondément cynique. Cet employeur doit répondre de ses actes devant la justice.", a-t-il ajouté.
Cette affaire a suscité une vague d'indignation au sein de la population de cette localité et au-delà, rappelant à tous que la justice doit prévaloir et que la torture sous toutes ses formes doit être éradiquée. Le sort de Kouamé Kouadio reste incertain, mais le combat pour obtenir justice pour lui et pour d'autres victimes de tels abus continue.
Jean Chresus, Abidjan
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