Cameroun : Les dissensions au sein du barreau fragilisent la grève des avocats
Les avocats ne sont pas tous d’accord sur le mouvement d’humeur prônant le non-port de la robe, le boycott des audiences criminelles et du contentieux électoral du 30 novembre au 4 décembre 2020. Selon ces avocats, la résolution du Conseil de l’ordre est « discriminatoire » et porte les germes d’une « extrême injustice ».
Dans une démarche conjointe, plusieurs avocats camerounais ont dénoncé le caractère « discriminatoire » de la résolution du Conseil d de l’ordre qui appelle à cinq jours de « justice morte ».
Selon ces avocats, l’incident survenu le 10 novembre au tribunal de Douala-Bonanjo, ayant motivé la résolution du Conseil de l’Ordre, est consécutif à une affaire « foulant la déontologie » de leur « noble » profession.
Selon leur interprétation de l’arrêté portant homologation du règlement intérieur du barreau du Cameroun, la résolution du conseil de l’ordre serait de nature à créer des « frustrations ».
Cette résolution aurait un « dessein inavoué d’empêcher une catégorie d’avocat, d’assurer la défense des intérêts de certains de leurs clients dans le cadre des contentieux bien spécifiques ? » S’interrogent des avocats.
Des spécialistes du contentieux électoral estiment qu’avec une telle résolution, ils ne pourront saisir l’occasion qui s’offre à eux tous les cinq ans de défendre leurs clients tandis que leurs confrères exerceront normalement la profession et gagneront noblement leur vie.
« Comment expliquerez-vous à un avocat qui ne pratique que le contentieux criminel qu’il ne puisse pas travailler pour subvenir à ses besoins, pendant qu’en face, son confrère qui s’est spécialisé au civil […] vaquera normalement à ses occupations et gagnera noblement sa vie ? » Demandent ces avocats au bâtonnier.
Le mouvement d’humeur lancé par le conseil de l’ordre des avocats est entré en vigueur lundi. Pendant cinq jours, ils sont appelés à protester contre les violences policières et les violations des droits de leurs clients.
Pour l’heure ce mouvement d’humeur est largement suivi sur l’ensemble du pays.
Armand Ougock, correspondant permanent de Koaci au Cameroun.
-Joindre la rédaction camerounaise de Koaci au 237 691154277-ou cameroun@koaci.com-
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