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Côte d'Ivoire: Littérature: «Douleur Intime», le cris de coeur de Fatou Diomandé
 

© koaci.com - Mardi 21 Août 2018 - De passage à Bouaké, sa ville natale, Koaci.com a tendu son micro à l'écrivaine ivoirienne vivant à France (Nantes) Fatou Diomandé Search Fatou Diomandé pour décortiquer sa première production littéraire'' Douleur Intime Search Douleur Intime ''. Dans ce roman satirique et réaliste de 102 pages et parue aux éditions Valesse en 2017, Fatou Diomandé, avec sensibilité, dessine le drame de la jeune fille Myra, embourbée dans le vent du destin constate Koaci.

Bien qu'ayant reçu une bonne éducation, Myra se retrouve prise dans l'étau d’une série de drames qui dépassent son entendement et la plongent dans l’abîme. Le soutien et la compréhension de ses parents , derniers recours de la jeune fille troublée et perdue n’arrivent pas. Pour eux, Il faut sauver leur honneur et leur dignité.

Myra, l'élève de terminale qui n’a pas cherché à être violée, doit payer cash les conséquences qui en découlent. Et Yaël son bourreau, pendant ce temps, poursuit ses études et sa vie en toute impunité.

Koaci.Com ( K.C): Bonjour Madame, présentez- vous à nos lecteurs.

Fatou Diomandé (F.D) : Je suis Fatou Diomandé, née à Bouaké. J'ai fais mes études préscolaires , primaire et secondaire à Bouaké avant d'aller à Abidjan où j'ai suivie une formation sociale sanctionnée par un diplôme d'éducatrice spécialisée.

K.C: Le constat qui saute à l'œil est la couleur rouge qui domine la page de couverture de votre roman .Pourquoi l'usage de cette couleur?

F.D: Le choix de la couleur rouge parce qu'on parle ici de douleur, de souffrance , de peine, donc il fallait faire ressortir cette douleur que le personnage principal vit à travers la trame de ''Douleur Intime ''.

K.C: De quoi parle Fatou Diomandé Search Fatou Diomandé dans "Douleur intime"?

F.D: Rire! Un petit résumé parce-qu'on ne va pas tout dire. Il faut laisser les lecteurs découvrir l'histoire. ''Douleur Intime '' est une oeuvre à caractère éducatif. Une histoire qui comporte plusieurs thèmes dont le viol, le VIH -SIDA, les grossesses en milieu scolaire, des relations parents-enfants et l'amitié. C'est l'histoire d'une jeune fille Myra qui en classe de terminale, et qui, en préparant son BAC malheureusement se fait violer par un ami de classe Yaël. Suite à ce viol, sa vie bascule parce qu'elle contracte le VIH- SIDA et une grossesse aussi. Elle est mise à la porte par ses parents et voilà (...).

Quelques années plus tard, Yaël se retrouve face au fils de Myra, la jeune fille qu'il avait agressée. Le jeune homme avait de la peine pour lui, mais, il était aussi révolté contre cet individu qui était à l'origine de la mort de sa mère. Et pourtant, c'était quand même son père biologique. Fallait-il quand même lui pardonner ? (...).

K.C: Que voulez-vous montrer à travers les personnages de Myra et de Yahn?

F.D: Aujourd'hui, la jeune fille qui est violée est stigmatisée, c'est elle qui porte ce poids de l'acte ignoble qui a été commis par ce jeune homme. Myra est allée étudier, c'était une jeune fille exemplaire.

Quant au personnage de Yahn, je veux montrer qu'en tant qu'enfant issu d'un viol , Yahn a été aimé par sa mère. Ce qui n'est pas facile parce qu'aujourd'hui, une femme qui est violée à tendance à être rejeter la plus part cet enfant qui naît de ce viol. Sa mère ne lui a jamais dit qu'elle a été violée. Myra s'est battue pour son fils. Je veux dire que ces enfants qui sont issus d'un viol ne sont pas fautifs. Ils n'ont pas demandé à naître, à naître de cette manière. Mais Yahn n'a pas baissé les bras, il a continué et s'est battu pour devenir ce qu'il est .

K.C: Dans l'oeuvre ,vous indexez- aussi certains parents. Qu'ont-ils fait ?

F.D: J'ai parlé des relations parents-enfants. Ici, Myra n'a pas eu la chance d'être écouté par ses parents. À peine, elle a voulu se confier à sa mère afin de lui expliquer l'acte qu'elle avait vécu, sa mère n'a pas eu d'oreille. Elle a tout de suite mis Myra à la porte. Et c'est ce que je décris. Combien de femmes aujourd'hui ne pleurent pas un poids qu'elles traînent comme les attouchements sexuels. Ici, en Afrique généralement, l'enfant n'a pas droit à la parole face aux parents. Ce que je demande c'est que les parents aient une oreille pour leur enfants.

K.C: Vous traitez des thèmes comme le VIH- SIDA, les grossesses scolaires, etc. Pensez-vous que ces thématiques n'ont pas suffisamment été traitées?
Qu'est ce que vous apportez de nouveau à la sensibilisation ?

F.D: La sensibilisation a certes été faite mais, je m'adresse ici en particulier à la population adolescente. Le sexe ne doit plus être un sujet tabous entre parents et enfants. Il faut en parler. C'est l'ignorance qui tue. Aujourd'hui, la maman doit être capable lorsque l'enfant à 12 et 13 ans, pour certains à 9 ans en fonction de la maturité de l'enfant, d'être capable de lui expliquer voilà tu deviendra une femme, tu auras tes menstrues, il faut faire attention. Il ne faut pas que ce soit un sujet tabous.
Nous sommes au 21ième siècles, nous sommes des jeunes mamans donc il ne faut pas mettre de barrières entre parents et enfants.

K.C: A quoi doit s'attendre les amoureux du roman et surtout les fans de Fatou Diomandé Search Fatou Diomandé dans les prochains mois dans votre bibliothèque littéraire ?

F.D: Vous aurez la suite de ''Douleur Intime '', peut-être, mais je ne me précipite pas. Je laisse ''Douleur Intime '' être suffisamment exploitée pour des suites de thèses, mémoires, etc. L 'auteur ne dis pas tout c'est sciemment.
Ma prochaine sortie sera de la littérature enfantine. Je rends hommage aux enfants malades du coeur à travers un joli petit texte parce-que moi même mère d'un enfant que j'ai perdu. Je passe par ce livre pour faire mon deuil. Mais c'est une histoire gaie et pas triste. J'espère qu'il sera bien accueilli. Après, un autre roman et après le roman , un recueil de nouvelles.

K.C: Un autre roman alors qu'on entend partout que les africains ne lisent pas.

F.D: Les africains lisent. Je voudrais inviter les parents à inculquer le goût de la lecture aux enfants. Combien de parents offrent des livres aux enfants pendant leur anniversaire ? Le livre, c'est toute une éducation. Il faut faire respecter le livre par l'enfant.

K.C: Votre oeuvre sort en 2017 et la même année est introduite par le ministère de l'éducation nationale dans les ouvrages étudiés dans les lycées et collèges de Côte d'Ivoire. Une chance ?

F.D: Oui, c'est une chance pour moi. Je dis d'abord merci à Dieu, merci au Seigneur pour le choix de l'éducation nationale sur mon oeuvre. Je pense qu'il faut aider les auteurs. Aider, ces établissements à accueillir les auteurs des livres, à faire de la sensibilisation.
Je fais un clin d'œil à mes collègues écrivains. On ne peut pas écrire et laisser dormir son oeuvre surtout quand il y'a de bons messages. On ne peut pas écrire et laisser toute l'oeuvre dans les mains de l'éditeur. Nous sommes les auteurs, c'est nous qui avons réfléchi , c'est nous qui avons veillé pour véhiculer un message à travers notre livre. Il faut se lever et aller à la rencontre de ses lecteurs, faire des dédicaces dans les établissements, tourner pour parler de son oeuvre.

K.C: Nous sommes au terme de notre entretien. Que doit-on retenir?

Ce que j'aimerais que l'on retienne de cette oeuvre, c'est le message de demander à nos jeunes filles, fils à faire attention à leur entourage, à leur amitié déjà au niveau de l'école parce-que nous sommes malheureusement témoins de tout se qui se passe dans nos établissements scolaire.Nous avons la drogue qui circule dans nos écoles, des pratiques de sexualité que nous rencontrons dans nos écoles. C'est vrai et ça se vît. Que chaque parent sensibilise son enfant à la maison.

Donatien Kautcha , Abidjan et Correspondant à Bouaké
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Côte d'Ivoire:  Littérature: «Douleur Intime», le cris de coeur de Fatou Diomandé
 
 
6984 Visit(s)    2 Comment(s)   Add : 21/08/2018
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Comments
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See his contributions SRIKA BLAH
 
Nous sommes nombreux á avoir "cette douleur intime"
 
 
 
See his contributions Babili
 
C’est cela de la littérature.
 
 
 
 
 
 
 
 

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