Côte d'Ivoire: Jacqueville, crise de chefferie dans le village d'Akrou, la tension toujours vive entre les populations et la préfète
La nuit du vendredi 18 octobre 2024 a été marquée par des tensions intenses dans le village d'Akrou, situé dans la commune de Jacqueville. Des habitants en colère ont érigé des barricades sur la voie reliant Jacqueville à Abidjan, en réaction à un arrêté préfectoral controversé. Cet arrêté, signé par la Préfète de Jacqueville, Félicité Kra épouse Oula, désignait un chef intérimaire, suscitant l’indignation des villageois qui avaient déjà plébiscité Tekry Akadjé Gervais comme leur nouveau chef suite au décès de Nangban Yacé Ignace, ancien patriarche.
La nomination du chef intérimaire, appartenant au camp adverse, a enflammé les esprits. La nuit a vu l’intervention massive des forces de police, accompagnée de tirs de grenades lacrymogènes et de scènes de violence urbaine.
Les manifestants cherchaient à interpeller la Préfète pour lui faire part de leur désapprobation et exiger l’annulation de sa décision.
Depuis cet événement, la situation s’est détériorée, avec une traque policière intense visant Tekry et plusieurs de ses partisans. Des agents en civil quadrillent le village sous prétexte de recherche de potentiels acheteurs de terrains, mais les villageois les identifient facilement. Ils accusent la Préfète d’entretenir une vendetta après cette manifestation.
Le rapport entre la Préfète et les habitants d’Akrou n’a jamais été harmonieux. En 2020, elle avait déjà dissous le Comité de gestion dirigé par Tekry, pourtant établi de manière consensuelle. L’année suivante, une forte mobilisation policière avait réprimé une autre manifestation des partisans de Tekry, entraînant l’arrestation de plusieurs d’entre eux.
Récemment, un projet de création d’un nouveau village à la demande de la Préfète avait été stoppé grâce à l’opposition des jeunes d’Akrou. Ces tensions ont conduit à une plainte pour arrestation de Tekry, classée sans suite par le procureur après une enquête.
L’arrêté de nomination d’un chef intérimaire, qui représente la goutte d’eau, a ravivé les tensions.
Malgré des tentatives de médiation infructueuses par des élus locaux, la situation reste tendue, et Tekry ainsi que ses partisans continuent d’être dans le viseur des autorités.
L’évolution de cette affaire est à suivre de près!
Wassimagnon
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