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Tortures de la police sénégalaise, où s’arrête la force ?
 
Le décès du jeune Modou Bakhoum dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Karang dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 janvier 2009 remet au goût du jour le débat sur le « zèle » de la police sénégalaise. Les organisations de défense des droits de l’homme, dans un communiqué, dénoncent cette affaire. Le jeune Bakhoum rejoint ainsi la liste des morts non élucidées depuis quelques années. Interpellé pour « trafic de chanvre indien » à son domicile familial, d’après la version des faits, Modou Bakhoum serait maltraité par les gendarmes qui, après l’avoir attaché, le roueraient de coups. Ce n’est qu’à la suite qu’il sera conduit dans les locaux de la gendarmerie et dans la matinée du vendredi, ses parents ont été informés de son décès. La famille de Bakhoum soupçonne les gendarmes d’avoir causé la mort du jeune. Une enquête est ouverte par le procureur de la République et une autopsie du corps doit être faite ce samedi. Récemment, les organisations des droits de l’Homme avaient dénoncé, en plein procès, les tortures infligées aux personnes arrêtées dans le cadre des évènements de Kédougou (Est). L’on se souvient encore de la fameuse affaire Dominique Lopy en avril 2007 à Kolda (Sud). Son passage au commissariat de ladite région pour « vol d’un poste téléviseur » appartenant au Président du Conseil Régional lui a coûté la vie. Après une forte pression, la justice avait finalement ordonné une autopsie et les résultats du médecin légiste n’ont jamais été publiés jusqu’ici.
En décembre 2007, Alioune Badara Diop est mort dans un commissariat de police à Ndorong (Kaolack, centre) pour n’avoir pas payé la dette qu’il devait à un policier à la retraite. Ce dernier est allé, alors, voir ses frères de corps du commissariat en question « pour une procédure d’intimidation du débiteur afin qu’il rembourse intégralement le prêt qu’il avait contracté ». Badara Diop est alors amené presque par force au commissariat dans la nuit « au-delà des heures légales de convocation ». Cette même nuit c’est son corps sans vie qui sortira du commissariat. Selon la version de la police, il se serait pendu avec sa chemise alors qu’il était en garde à vue. Les résultats de l’enquête ne sont toujours pas tombés.
La police avait encore tiré, en 2007, à balle réelle, ôtant la vie à Dioutala Mané. La seule sanction contre les policiers en service, au moment des faits, a été leur affectation. Le dossier sur les sévices infligés à deux journalistes en juin 2008 par les éléments des éléments de la Brigade mobile d’intervention polyvalents (Bip) reste toujours dans les tiroirs.
Autant de morts d‘homme non élucidées et qui font de l’impunité la règle et la justice l’exception. Interrogés, souvent par la presse, les services de la police ont toujours soutenu qu’il y a des méthodes spéciales pour la police visant à extorquer des aveux à la victime. Un argument qui ne tient pas, du côté des organisations de droits de l’Homme.
Si force reste à la loi, les policiers eux-mêmes sont ils passibles de cette même loi.

 
 
4194 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 24/01/2009
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