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Koacinaute: Pascrena, le trouble-fête au sein de la société civile togolaise
 
Le PASCRENA - Projet d'appui à la Société Civile et à la Réconciliation Nationale au Togo- pour ceux qui ne le savent, pas est le fruit de la relance de la coopération entre l’Union Européenne et le Togo. Son lancement en 2012 était synonyme d’espoir pour la société civile togolaise qui se cherchait après des années marquées par la raréfaction des sources de financements dans un domaine où rien ne peut réussir sans moyens.

Comme l’indique sa définition, il s’agissait bien d’un projet, qui au-delà de son soutien aux OSC, devait jouer un immense rôle dans le processus de réconciliation nationale dans notre pays. Une bonne chose en fait.

A ses débuts, quelques erreurs ont pu être commises et c’est avec bienveillance qu’elles ont été tolérées. Comme dans toute aventure humaine le commencement de toute chose n’est pas aisé.

On espérait donc une amélioration dans la gestion de ce projet au fil du temps surtout que les responsables étaient des personnes choisies pour leur compétence en matière managériale. 

Mais dans son cheminement, le PASCRENA est tombé dans les travers des « togolaiseries » et aujourd’hui, on se demande si c’est véritablement un projet de l’Union Européenne piloté pour « réformer» la société civile togolaise et aider notre pays à renouer avec la paix civile et sociale. 
 
Nos interrogations trouvent leur justification dans le fait que ceux qui sont chargés de piloter ce programme brillent par une forme de favoritisme dans le choix des partenaires. 

En effet, force est de constater que pour un tel programme, le choix des partenaires sur le terrain semble se faire selon le bon vouloir de quelques personnes qui se considèrent comme « les pièces centrales » de la société civile au Togo Search Togo ; tout simplement parce qu’ils ont la facilité d’aborder tel membre de l’Union Européenne, ou parce que les portes du PASCRENA leur sont ouvertes ou même à cause des accointances présumées ou prononcées des membres influents au sein de la coopération …. 
 
Du choix des bénéficiaires de ses subventions jusqu’à ses actions concrètes sur le terrain, le PASCRENA donne l’impression d’exister que pour ces individus au détriment des autres acteurs qui dans leur majorité, ne sont pas à la capitale et donc, condamnés à ne faire que de la figuration. Et pourtant, le PASCRENA à notre humble avis devait être un répartiteur équitable des ressources allouées à la société civile et un agent promoteur des actions décentralisées en faveur des OSC et réseaux d’OSC des profondeurs de notre pays jusqu’aux centres urbains. 

Dans chaque région de notre pays se trouvent des réseaux d’organisation fiables qui sont assez dynamiques et qui ne demandent qu’à se faire assister un tout petit peu afin de corriger le fossé qui sépare les organisations basées à la capitale [et qui ont un accès rapide à l’information] et les organisations de l’intérieur qui sont souvent obligées de courir derrière les autres. 
 
Plus affligeant encore, c’est le fait que le sectarisme et le concubinage soient devenus les critères d’éligibilité auprès du PASCRENA qui est censé combattre ces fléaux par la mise en place de mécanismes objectifs dans la sélection de ses partenaires. A voir les choses de près, si les responsables du PASCRENA persistent dans cette voie, ce projet risque d’arriver à la fin de son mandat sans que la situation de nos OSC ne s’améliore. 
 
De très bonnes raisons et des arguments de choix sont disponibles pour justifier cette affirmation. 

Ceux en qui le PASCRENA fait aujourd’hui confiance sont tous des « nouveaux venus » sur la scène et qui n’ont pas de véritables ambitions pour la société togolaise si ce n’est pour eux-mêmes d’abord. Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années, nous apprend Corneille. Sauf que dans le cas du Togo, ces jeunes s’illustrent plus dans l’enrichissement personnel, courent derrière les ateliers et programmes où ils s’attribuent des sommes faramineuses au point qu’on se demande si finalement ce n’est pour eux que les projets sont exécutés. 
 
Regardez-les se pavaner dans rues de Lomé avec leur 4 x 4 rutilantes, taillées à quatre épingles, ils font désormais partie de la bourgeoisie de la capitale grâce à des milliards que les partenaires en développement mettent à leur disposition pour l’exécution des projets locaux. Ils se plaisent à dilapider ces fonds dont la gestion n’est pas accompagnée d’un véritable suivi. La conséquence est là : ils se contentent de saupoudrages, d’enfumer « les blancs » comme on le dit. A la fin c’est un rapport bidon qu’on sort et qui n’accueille l’assentiment de personne.

On a toujours reproché à ces programmes étrangers de se tromper souvent sur le profil des gens désignés pour exécuter les projets. Apparaître chaque fois à la télé ou à la radio pour parler des droits de l’Homme ou de la société civile n’est jamais synonyme d’efficacité sur le terrain.

Avant ces jeunes organisations, il y avait des organisations qui ont œuvré et qui continuent de travailler sur le terrain sans faire autant de bruit. 

Avec cette nouvelle race d’acteurs qui ne courent que derrière les ateliers et séminaires avec les titres de consultants taillés sur mesure pour se remplir les poches, la société civile togolaise a du chemin à faire et les responsables du programme PASCRENA, s’ils ne veulent pas être traités de complices, devraient réfléchir par deux fois avant de prendre désormais leurs décisions. 
 
Qui n’a pas appris tout récemment que deux organisations de la société civile se sont se livrées bataille autour de quelques fonds accordés pour aider les personnes victimes de torture ? 
 
Est-ce qu’on doit continuer à faire confiance à ces types d’organisations qui briment les autres tout simplement parce qu’elles ont des relations et donc, peuvent gérer sans rendre compte ? 

Et qu’on ne nous dise pas que ce sont les compétences qui manquent. Le Togo, c’est environ 7. 000.000 d’habitants sur 56 600 km2 et il existe des hommes et des femmes militant dans des organisations bien structurées des différentes régions, prêts à travailler, prêts à se faire déployer sur le terrain pour relever le défi de développement. 
 
Le PASCRENA ne peut plus continuer par évoluer en faisant semblant d’ignorer le reste des organisations ou en continuant de confier tous ses projets à quelques entités qui la plupart du temps résident à Lomé. Les appels à proposition on sait souvent comment cela fonctionne…

Ekogil


PS : La direction de KOACI rappelle qu'un "koacinaute" n'est pas un journaliste de la rédaction de KOACI mais un contributeur inscrit ayant la possibilité de poster sur le site en vue d'une diffusion et ce dans une dynamique de libre expression plurielle.

 
 
5698 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 14/12/2015
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