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BÉNIN - COTONOU LE 17 septembre 2012 © koaci.com - A l’instar de la communauté Guin-Mina du Ghana, du Togo, du Bénin et du Nigéria, celle de la ville frontalière au Togo d’Agoué a également sacrifié à la tradition de la célébration de la semaine et de la fête de Yêkè-Yêkê. Pour cette année, l’’ensemble du peuple Guin-Mina et sa diaspora célèbrent la 350ème édition de la fête traditionnelle «Epé-Ekpé» pour préserver une fois encore leur renommée culturelle et identitaire.
Samedi, 15 Septembre, il est 17 heures, ici à la place ‘’Yéssouvito’’ un quartier en bordure de voie de l’arrondissement d’Agoué dans la commune de Grand-Popo à 122km à l’Ouest de Cotonou à la frontière Benin-Togo. Le «Yêkê-yêkê dugbé», c'est-à-dire le jour des offrandes aux morts a fini ses cérémonies rituelles et débouche déjà sur la préparation du repas communiel « yêkê-yêkê » ou « yaka oken » un genre de couse-couse africain. Ce jour des ripailles et réjouissances populaires bat son plein. La musique traditionnelle mêlée de quelques sonorités modernes sort des appareils posés çà et là dans les rues d’Agoué. Chaque collectivité, chaque famille organise la fête de Yêkê-Yêkê de septembre à décembre 2012, terme échu des festivités du «Epé-Ekpé», que sanctionnera le 20 décembre 2012, le « Vodun dze apu », ou retour des divinités dans la mer.
Pour les ‘’Cataria’’ grande famille de la région, tout se passe dans une grande maison moderne qui appartient à un des enfants de la famille, douanier, aujourd’hui décédé mais qui a laissé une bonne renommé pour les siens. «Soyez les bienvenues ! Votre arrivée rehausse l’éclat de notre fête » a indiqué dame Yasmine à l’équipe de KOACI.COM. Quelques maisons et rues plus loin dans le lieu de ralliement des prêtes vaudou se laisse découvrir par la décoration des lieux par des lianes de plantes qui servent de protections aux malheur. ‘’Recevez les bénédictions des mânes de nos ancêtres’’ nous lance-t-il un octogénaire en nous aspergeant d’une infusion de plante. ‘’Ami’’ (amen) a répondu l’équipe. Dans les buvettes et bars bondés –tous les enfants Guin-Mina arrivent de partout pour honorer cet évènement- on remarque aussi, les silhouette d’hommes déguisées en femme en train de déambuler et de donner quelques spectacles de danses moyennant quelques pièces de monnaies. ‘’C’est comme cela que çà se passe ici. Ne vous inquiétez pas il y rien d’anormal’’ souligne l’hôte de KOACI.COM.
Le lendemain, dimanche 16 septembre, c’est le «Nlowa nagbé» ou jour de l’An Guin-Mina. Il a été fait les présentations de vœux de nouvel An traditionnel. L’année de ce peuple compte 13 mois de 28 jours chacun. Pour l’histoire, le peuple Guin aurait quitté Israël en 1660 après plusieurs escales au Nigéria puis au Ghana voisin. Beaucoup se sont retrouvés à la plage D’Agoué pour déguster le mets des populations xla (généralement pêcheurs) du coin, le ‘’Dakouin’’.
Tout se passe à Aného, la source
Tout a démarré le mercredi 12 septembre avec le « Avé fofo », réveillon traditionnel. Le jeudi 13 septembre a eu lieu le « Kpésosso » ou cérémonie de la prise de la pierre sacrée. Le vendredi 14 septembre, c’est le « Nyali yoyo ku vénavio bé konu », culte aux morts et aux jumeaux. Ce jubilé des 350 ans de la fête traditionnelle des Guin-Mina a été placé sous l’égide du Président de la République du Togo, son excellence Faure Essozimna Gnassingbé à Aného le siège de la communauté Guin-Mina. La cérémonie officielle de lancement de cette fête a eu lieu à Glidji, le jeudi 15 septembre 2012 selon les informations de KOACI.COM. Elle a regroupé des officiels, des prêtres et prêtresses (Hunons) de la forêt sacrée, des dévots, des touristes, la presse nationale et internationale, une foule de curieux.
Cette année, c’est la pierre sacrée de couleur bleu ciel qui est venue du lieu sain et présentée au peuple Guin-Mina dans un vacarme indescriptible. Elle porte bien des messages. Le bleu est la couleur du ciel et par réverbération celle de la mer. Il est ici, symbole d’eau. L’eau, source de vie, peut aussi créer des sinistres si le peuple Guin-Mina manque à ses obligations coutumières. La nouvelle année traditionnelle qui s’ouvre en septembre 2012 sera mystérieuse, pleine de promesses et de contradictions. C’est une année qui exige des uns et des autres, prudence, respect des normes et traditions, sacrifices et offrandes aux ancêtres, aux jumeaux a souligné le Grand prêtre traditionnel Ni Mantchè, responsable des cérémonies de la prise de la pierre sacrée à Glidji Avé Gbatso.
Pour mémoire, à une année, sa couleur de pierre sacrée au regard des messages des ancêtres au peuple Guin-Mina. En 1977, la pierre sortie de la forêt sacrée était aussi de couleur bleu ciel. Le peuple Guin-Mina a eu une bonne moisson. Les foyers et le pays ont connu la paix. En 2011, la pierre sacrée était de couleur grise ; ce qui signifie une année fructueuse, d’abondance et de prospérité mais sujette aux interdits selon le Grand Prêtre traditionnel Ni Mantchè. La grande recommandation de l’année écoulée était l’obligation faite au peuple Guin-Mina, à travers la pierre sacrée de couleur grise, de faire des offrandes aux aliénés et malades mentaux pour conjurer le mauvais sort.
La fête de Epé-Ekpé est, à l’instar de toutes les fêtes traditionnelles du Togo, un moment de retour aux sources, de retrouvailles, de réjouissances populaires et une occasion d’accueillir des amis venus de loin, des touristes, des hommes d’affaires, des personnalités politiques ou même de simples curieux avides de connaître les prédictions de la pierre sacrée. C’est également l’occasion d’attirer l’attention des autorités politiques et administratives, des partenaires culturels ou financiers sur les richesses du milieu ainsi que les problèmes qui se posent quotidiennement aux populations locales.
Notons au passage qu’à l’occasion de ce jubilé, des activités ludiques, sportives et cultuelles sont programmées dont : exposition de spectres royaux et perles royales, finale de la coupe de « yêkê-yêkê », tournoi de football « Ekpé sosso », concours de gastronomie (spécialités culinaires Guin-Mina), course de pirogues sur la lagune d’Anèho. Dans le Guindu, on découvrira les adeptes des 41 divinités de l’univers religieux des Guin-Mina en blanc avec des perles et parures multicolores, la communauté elle-même drapée dans le tissu spécial 350 ans, à l’effigie du Roi de Glidji et du grand Hunon, Nii Mantchè.
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