::Koaci.com Dakar::Samuel Sarr (ph), ministre de l’Energie dans le viseur du fils du chef de l'Etat sénégalais::
Les coupures d’électricité ne font pas des effets que dans les foyers et les entreprises. Au plus haut sommet de l’Etat également, la tension est perceptible. Après les parlementaires de tous bords, c’est la Présidence qui s’en mêle. La presse a révélé des querelles en haut lieu entre le ministre de l’Energie et le fils du chef de l’Etat, Karim Wade, en charge des infrastructures. Ce dernier n’aurait pas supporté la gestion de la société nationale d’électricité et l’a fait savoir au président de la République. En fait, nombre de Sénégalais sont outrés par le maintien de M. Sarr à la tête du département de l’Energie. Directeur général de la SENELEC jusqu’en 2005, sa gestion jugée calamiteuse l’avait emporté. Seulement, pour une sanction, c’en était pas une puisque quelques mois après, il bénéficie d’une promotion et devient la tutelle de la boite.
Karim Wade, potentiel candidat à la succession de son père, ne supporte plus les nombreuses pressions des populations et les dégâts collatéraux qui en résultent : mort d’homme, manifestations, saccages des agences de la SENELEC etc. Ce n’est pas un bon contexte pour espérer compter sur les voix des électeurs. Cette exaspération l’a amené à s’immiscer dans la gestion de l’électricité en signant des accords avec des pays arabes. Mais le comble, c’est lorsque le fils, selon la presse, a promis d’avoir tôt ou tard « la tête de Samuel Sarr ». M. Wade aurait même poussé le bouchon jusqu’à dire à son père : « Si Samuel ne part pas, c’est moi qui vais partir ». Et le chef de l’Etat, de répondre étrangement et en substance, révèle-t-on : « Tous peuvent partir mais Samuel restera ».
Le ministre de l’Energie lui, n’a pas tardé à dénoncer la « traîtrise » de certains proches du chef de l’Etat comme le Directeur de cabinet, Habib Sy. Il l’accuse d’avoir demandé au chef de l’Etat de le démettre au risque de ne pas remettre en cause ses chances de réélection à la prochaine Présidentielle. Ce que M. Sy a démenti dans le journal Le Quotidien. Mais Samuel Sarr a juré de régler ses comptes avec ses détracteurs qui « manipulent » le président Wade. Non sans, cependant, préciser qu’il est prêt à rendre le tablier si le Président le voulait. Va-t-il le faire ? On se rappelle, il y a presque deux ans, qu’il avait annoncé sa démission à un autre moment de crise dans la fourniture d’électricité. Il finira par y renoncer. Dans tous les cas, la tension monte et les risques de « court circuit » au plus haut sommet de l’Etat augmentent.
Samuel Sarr à l'évidence ne cache plus ses ambitions, son positionnement progressif et son ascension, compte tenu de la gue guerre interne au PDS pour une éventuelle succession de Wade se recent dans chacun des dossiers médiatiques tels que les délestages et les inondations. Bataille de rang, désir d'emphase, nécessité de résultat, dans ce contexte, à l'évidence, Karim Wade lui aussi use de ses flêches pour garder son territoire, sa fantasmatique terre promise.