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Doit-on réviser le procès de 1962 ?
 
::ph koaci.com Dakar :: Mamadou Dia peu avant sa mort::

Pour la première fois, le Sénégal vivait sous un régime parlementaire. C’était au lendemain de son accession à l’indépendance en 1960. Deux ans plus tard, le premier président de la République, Léopold Sédar Senghor, pourtant « ami » de Mamadou Dia depuis 1947 (à l’époque l’appellation était premier président du Conseil des ministres) transforma en duel son duo avec son collaborateur. Il s’appelle Mamadou Dia et détenait des « pouvoirs réels qui n’ont rien à envier aux régimes parlementaires occidentaux d’aujourd’hui ». Le compagnonnage entre « les deux aînés » de la politique sénégalaise aura fait long feu puisque Senghor était « jaloux » de ses convictions qui n’épousaient pas forcément celles du « Grand Maodo », décédé hier à l’âge de 99 ans.
Un certain décembre 1962, les deux hommes se sont brutalement séparés, à la suite de « manœuvres politiciennes » dont l’un et l’autre s’accusaient mutuellement. Le chef de l’Etat d’alors, Léopold Sédar Senghor, mit l’ex-chef du gouvernement en prison, près de 12 ans durant pour « tentative de coup d’Etat ». Dia est, en effet, jugé et condamné à la perpétuité et croupit à la prison de Kédougou (Est), célèbre pour avoir accueilli cette personnalité politique mais aussi pour ses « durs conditions de détention ». Ainsi, pour plaider son innocence, l’accusé avait alors prononcé une phrase encore mémorable : « On ne fait pas un coup d’État quand on détient le pouvoir ».
En 1974 et à la faveur du multipartisme senghorien, le « Grand Maodo » qui avait refusé de demander la grâce présidentielle comme on l’y invitera, sera finalement libéré et amnistié.
Civils, juristes, politiques ont toujours rêvé la révision de ce dossier. Parmi eux, l’actuel président de la République, Me Abdoulaye Wade, par ailleurs un des avocats du « Patriarche » Dia lors du fameux procès de 1962. Soutenu par son ancien client à l’élection présidentielle de 2000, Abdoulaye Wade avait promis de rouvrir le dossier « pour l’histoire ». Ce qu’il ne fera pas en dépit des pressions de toutes parts et de la l’opposition de l’intéressé qui rappela que Senghor était son ami et que la mort du poète (en 2001) ne permettait pas « moralement » de le faire.
Quelques années après le premier mandat de Wade, Dia a repris sa plume acerbe d’« homme de refus et de principes » pour critiquer son ancien avocat, et candidat contre Diouf, car ne partageant pas sa façon de conduire le pays. Une attitude qui expliquerait l’absence du Président Wade à l’inhumation, hier, de cet autre « père de la nation ».

En revanche, les juristes sont partagés sur les possibilités techniques et juridiques de rouvrir le dossier Dia-Senghor. Alors que les acteurs de l’éducation militent pour l’intégration de ce feuilleton politico-judiciaire historique dans les programmes scolaires.

A votre avis doit-on réviser le procès de 1962 ?
 
 
2421 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 26/01/2009
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