Née en 1967 à Tchibanga au sud du Gabon, Annie Flore Batchiellilys grandit à Mighoma, le village de sa grand-mère qui lui transmet, alors qu’elle n’avait que 3 ans, le goût du chant (elle partagera la scène avec elle lors d’un de ses concerts à Libreville). A l’adolescence, elle part à Port-Gentil pour poursuivre ses études au lycée d’Etat. Plus tard, elle rejoint la capitale Libreville où, lors d’une émission télévisée animée par Denise Boukandou, elle se révèle au grand public gabonais par la qualité de son timbre vocal et ses chants en « punu » (sa langue).
De 1988 à 1990, elle intègre le Carrefour des Arts de Pierre Claver Akendengué, pour une formation musicale (vocalises, compositions...). Arrivée en 1990 en France, la chanteuse gabonaise va connaître un parcours pour le moins original. A l’Ecole des Sirènes de Lyon, elle explore les registres tsiganes et orientaux puis se frotte au jazz avant de s’inscrire plus tard au studio Alice Dona à Gentilly dans la banlieue parisienne pour des cours de chant et de solfège. Annie Flore Batchiellilys enchaîne les chœurs et les duos marquants comme celui avec le chanteur guitariste canadien Mario Chenard (dans le titre « Tsé quand t’es pas là »). Il faut attendre 1997 et la sortie de Afrique mon toit, co-produit et co-réalisé avec le saxophoniste Didier Peilhon, pour que le public français découvre cette diva de la scène gabonaise. En 2002, elle enregistre Diboty (« merci » en punu), un album dans lequel elle s’affirme comme une des plus belles voix de la nouvelle génération africaine. En ouverture de cette œuvre qui mérite le détour, elle remercie le maître Pierre Akendengue, Oliver Ngoma et tous ses amis (« Le rêve du swing »). Voix de blues riche et d’une étonnante maturité, groove puissant servi par une instrumentation dépouillée (guitare, basse, violon, sax, claviers, percussions), rien n’est à jeter dans cette œuvre. Diboty, c’est aussi une invitation à l’unité et à la paix et une dénonciation de l’argent sale et de la corruption qui gangrènent les autorités politiques.
Après les parutions en 2003 de "Je t’invite" puis en 2006 d’un single 3 titres, "Broute bien", des concerts en Afrique, aux Etats Unis et en France (Petit Journal Montparnasse puis New Morning en 2007), Annie Flore Batchiellilys est en janvier 2008 à l’Olympia pour la sortie de son album Le chant c’est mon champ. Dans ce titre émouvant reprenant un prélude de Bach, elle adapte remarquablement les techniques vocales « punu » (styles ikoku, malumu et surtout mangoumbeu), forme de « pleurs » sublimées et chantées. « Mighoma », du nom du village de sa grand-mère, laisse entendre en introduction une voix puissante et claire soutenue par une musique acoustique avec des lignes de guitare très fluides. « Ma raison », un morceau afro funk, est marqué par des chœurs à l’unisson. Quant à « Murine na murine », c’est une chanson introduite par des cuivres et soutenue par un beat afro folk. Elle chante la vie, l’amour et se veux être réaliste. « Je m’inspire de la vie et de mes émotions. La nature est un grand livre, je l’observe et je chante, et le chant, c’est mon champ ». |