Richard Binet :: Le Sang du Baobab
Le Roman
Evan, correspondant de presse au Sénégal, s’apprête à rentrer à Paris après dix-huit mois de mission. Quelques jours avant son départ, il fait la connaissance d’une jeune Peule venue de la région du Fleuve chercher un emploi à Dakar et qui va bouleverser sa vie. Il la suivra tout au long d’un voyage initiatique au travers du Sénégal, aux confins du surnaturel et du merveilleux.
Le Sang du Baobab est, sur fond de montée de guerre du Golfe, le récit dramatique d’un amour éperdu, primitif et charnel entre deux êtres que tout oppose qui tentent maladroitement, à cause et en dépit de leurs différences, de conjuguer leurs corps, leurs âmes et leurs destins jusque dans une folie destructrice.
Evan avait l'esprit clair. Le désir ne l'avait pas abandonné, mais il le tenait froidement à distance. Il était sur le dos, le visage entre les cuisses d’une Africaine et il lui fallait choisir. Décider seul de traverser, à découvert, la ligne de front. Aucune balle ne sifflerait à ses oreilles. Il n'en sentirait ni le vent ni la blessure. Ce serait plus tard, dans l'anonymat d'un centre médical qu'un médecin lui apprendrait s'il avait été mortellement touché.
L'auteur
Richard Binet est reporter de guerre, spécialiste du Continent noir. Fait prisonnier par les forces irakiennes durant la première guerre du Golfe, il a couvert de nombreux conflits en Afrique, en Europe centrale, et en Afghanistan.
Journaliste à France 2, il est envoyé en Afrique. C’est alors le choc avec le Continent noir. « La chaîne m’avait envoyé au départ pour quelques jours au Niger pour enquêter sur l’attentat contre le DC 10 d’UTA. Finalement ils m’ont dérouté sur la Côte d’Ivoire où la rue était en pleine ébullition puis au Sénégal où le Président Diouf avait décrété l’Etat d’urgence. Je suis finalement rentré trois semaines plus tard et j’avais rencontré la jeune sénégalaise qui allait devenir la mère de mes enfants».
S’en suivra une histoire d’amour tumultueuse avec l’Afrique. Nigéria, Ghana, Tchad, Centrafrique…. En 10 ans, il parcourt le Continent en long en large et en travers. Lors de chaque reportage, il s’immerge au risque de se noyer. Ce qui lui fait dire d’Evan, le héros de son roman : « Plusieurs fois déjà, il était allé trop loin Des soirs imprudents où, autour d'un bidon de vin de palme il avait trinqué jusqu'au vertige avec des rebelles casamançais. Des nuits trop chaudes pour trouver le sommeil où il avait frotté sa peau contre celle d’Apolinia la rwandaise, Fanta l’Ivoirienne ou Dior la malienne dont il n’était pas certain que ce fût le véritable prénom. »
Mais bien loin de là Saddam Hussein vient d’envahir un petit émirat assis sur un baril de pétrole le Koweit. C’est la première guerre du Golf. Richard Binet
est envoyé à Koweït-city. Chaque jour il s’enfonce un peu plus loin dans la partie irakienne contrôlée par les américains. Jusqu’au jour où il tombe sur une position irakienne. Il est arrêté avec son équipe puis fait prisonnier à Bassora puis à Bagdad ou il finira à la prison d’Abou Grahib. En tout treize jours de détention qu’il raconte entre autres dans Le sang du Baobab.
De l’Afrique il dit qu’elle est une maîtresse exigeante et parfois cruelle, une ultime terre d’aventure entre Enfer et Paradis. Un jardin d’Eden où tout est possible, le pire comme le meilleur. Où l’on se retrouve nu, face à soi même, où l’on découvre ses forces ses failles et ses faiblesses. « Où ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort ». L’Afrique est un révélateur de conscience.
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