Faire en sorte que Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II et Dada Hounon Hounan II fêtent le 10 janvier ensemble. C’est l’objectif d’une médiation préfectorale entre les deux protagonistes de la crise de succession au trône de Daagbo Hounon (père) à Ouidah que sont Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II et Dada Hounon Hounan II qui fêteront le 10 janvier 2013 chacun de son côté. Il a été retenu que pour le 10 janvier prochain, Dada Hounon Hounan II fête à part, dans l’enceinte du stade communal. Il peut se rendre à la Place du non-retour, lieu reconnu par le Gouvernement ou envoyer un émissaire, pour prendre part à la cérémonie inaugurale des festivités officielles sous l’égide de Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II.
La réconciliation n’a donc pas réussi. Le ver est toujours dans le fruit, et Ouidah risque de connaître des troubles à l’ordre public le 10 janvier 2013, si de chaque côté les adeptes et les partisans ne sont pas maîtrisés. Le dignitaire Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II est d’accord que Dada Hounon Hounan II soit à ses côtés à la Place du non retour, lieu officiel des manifestations. Mais il a posé une condition : Dada Hounon Hounan ne doit pas porter son chapeau. Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon seul peut porter son chapeau, étant le souverain. Et c’est le point essentiel de la discorde. « Le 10 janvier est une fête populaire. La Place du non-retour, tout le monde peut y aller. Donc, on ne peut pas conditionner ma présence au non-port de chapeau », a expliqué Dada Hounon Hounan II. Par la suite, le chef de file de l’aile Dada Hounon Hounan II, Emile Ologoudou, a rassuré que Dada Hounon Hounan II a déjà lâché du lest. Et en retour, il doit recevoir une « compensation » : c’est-à-dire être nommé Hinnougan, Akogan ou Vodounon. Le chef de file de l’aile Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II, Marius Francisco, a signifié que la question n’est pas d’actualité. Selon lui, c’est celui qui est à la tête du trône qui est en même temps Hinnougan et Vodounon. Pour ce qui est du Akogan, il affirme que c’est le Fâ qui en désigne le titulaire et qu’en son temps, cela peut ne pas être Dada Hounon Hounan II.
…depuis Ouidah 92
Le Bénin terre du Vodoun ; Depuis 1992 sous l’avènement du président Nicéphore Soglo, le 10 janvier a été décrété journée nationale des religions endogènes. Une manière de réhabiliter le culte Vodoun et de valoriser la culture endogène. Une stratégie qui permet au Bénin d’avoir plus de visibilité hors du pays et du contient africain. Ainsi depuis Ouidah 92 où a eu lieu la première édition, le Bénin n’a cessé de fêter les religions endogènes ; et même cette année les adeptes de cette religion ont sacrifié à la tradition pour prier les mânes de nos ancêtres pour que la paix demeure au Bénin. Le Vodoun est une religion comme les autres, mais elle est souvent marginaliser et même diaboliser à cause de certaines pratiques qui s’y observent au sein de certaines confréries. C’est une religion comme le christianisme ou l’islam qui prône l’amour de son prochain ; l’amour de sa patrie etc. Cette journée des religions endogènes a permis aux béninois de la diaspora de se rapprocher de leur pays et même aux jeunes béninois de connaitre la culture et les religions de chez eux. Quand on parle de « Vodoun cela renvoi à « l’esprit saint » ; et c’est dans la langue fon, une langue parlée au sud Bénin. Dans le Vodoun, on compte plusieurs divinités, dont la divinité « Goun » ; « Sakpata » ; « Hèvièsso » ; et « Dan ».
Ces quatre divinités sont les principaux dieux qui regroupent la religion Vodoun et leur appellation varie d’une région à une autre ; et ont les mêmes pratiques mais avant toute cérémonie cultuelle, il est impératif de consulter l’oracle ou encore le « Fâ » pour se situer d’avantage sur la procédure à suivre dans l’exécution du culte. Le Vodoun, bien qu’il soit la religion de la majorité des Béninois, n’est pas nécessairement à la portée de tous. La croyance Vodoun admet, en effet, que chaque être humain est un « engendreur cosmique », une divinité ou un défunt qui porte la glaise dans laquelle il sera modelé, puis à qui le Créateur insufflera le souffle de vie. S’il s’agit d’une divinité, le vodouisan sera consacré à cette dernière.
En somme, la célébration du 10 janvier, au Bénin, n’est rien d’autre que l’expression de la reconnaissance d’une dimension et d’une identité religieuse que partage la diaspora africaine de par le monde. Pour le plus grand plaisir des Béninois, et plus particulièrement celui de la communauté Vodoun, dont la pratique reste encore obscure et incompréhensible pour le commun des mortels et les non initiés.