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Agbéyomé Kodjo -
Togo - Lomé le 24 décembre 2012 © koaci.com - On savait Agbéyomé Kodjo prolifique en manœuvres sous le règne de la dictature, mais passé à l’opposition, l’homme tient visiblement à prouver qu’il en a gardé du reste.
La surprise est générale y compris au sein de la presse ce lundi à Lomé. L’information d’une rumeur qui d’après Agbétomé Kodjo, circulerait sur une préparation de coup d’Etat dans lequel il serait impliqué, déroute plus d’un y compris dans les rangs des amis de l’ancien Premier ministre et fidèle du Gal Gnassingbé Eyadéma. En effet, dans un communiqué de l’Organisation pour Bâtir du Togo Uni et Solidaire (OBUTS), le parti tente de convaincre l’opinion que son président qui n’a pourtant pas pion sur rue, serait la cible d’un complot.
« Depuis quelques jours, circulent à Lomé des rumeurs tendant à associer le Président National de OBUTS, Agbéyomé Kodjo, à une affaire relative à la préparation d’un coup de force contre les institutions de la République », affirme le parti dans un communiqué à l’issue d’une séance extraordinaire, qui s’est tenue le 22 décembre 2012. Une annonce plus que curieuse pour les Togolais qui pour l’essentiel n’ont jamais entendu parler de cette fameuse rumeur.
N’empêche, l’ancien thuriféraire de l’ancien parti unique, réputé pour ses initiatives de déstabilisation de la période de transition dans les années 1990, saisit l’occasion pour s’autoproclamer « combattant de la liberté », « adversaire politique redouté », que le pouvoir chercherait à neutraliser à l’approche des prochaines élections à travers des « manouvres déstabilisatrices et vexatoires ». Visiblement, le but de cette dénonciation est de présenter Agbéyomé Kodjo comme une prochaine victime du pouvoir à l’instar de Kpatcha Gnassingbé ou Pascal Bodjona.
Autre fois, les persécutions de Gilchrist Olympio par le pouvoir, l’ont rendu populaire par la forte sympathie autour de sa personne. Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyobo a également fait sienne, cette stratégie de victimisation connue à d’autres personnalités politiques comme Jean-Marie Le Pen, en France.
Agbéyomé Kodjo qui peine à se frayer un fief sur l’échiquier politique national, cherche t-il à user de la stratégie de victimisation à des fins électoralistes à un moment où l’horizon s’assombrit pour lui, entre le refus de l’ANC de l’inclure dans une alliance électorale et la méfiance des partis membres de la Coalition Arc-en-ciel à son égard?
Dans les cercles du pouvoir, cette tentative ne surprend guère. « Agbéyomé Kodjo, nous l’avions vu à l’œuvre sous le père de la Nation (Gnassingbé Eyadéma : Ndlr). Cela ne nous surprend pas, mais nous n’avons pas le temps à perdre à réagir à de vaines gesticulations. Comme nous, les Togolais connaissent l’auteur de ces manœuvres », a réagi un ministre en fonction, refusant de livrer une position officielle du Gouvernement, sous prétexte que cela « n’en valait pas la peine ».
Si du côté du pouvoir on affiche un mépris pour les allégations du Président National de OBUTS, au sein de l’opposition également, l’indifférence est de mise suite à cette curieuse sortie médiatique. « Nous, on n’en a pas entendu parler », répond avec embarras et de façon laconique, un responsable du Collectif « Sauvons le Togo ». La question n’a semble t-il jamais été évoquée au sein de la coalition, pour « sérieuse » comme on cherche à la présenter à l’opinion nationale et internationale.
Le seul point sur lequel s’accorde les uns et les autres, c’est le non respect des droits de Agbéyomé Kodjo, en tant qu’ancien Premier ministre et ancien Président de l’Assemblée nationale. Pour la fameuse rumeur de coup d’Etat, cela restera peut-être la dernière énigme de la fin de l’année 2012. Mais en attendant, c’est dans l’indifférence totale que l’information est accueillie, malgré le tintamarre médiatique orchestré autour du topo.
Aghu |