"Cette année je n'ai quasiment rien vendu, l'argent ne circule plus comme avant tout le monde est serré" livre ce vendredi Amidou, un vendeur de jouet du marché de Treichville. A Marcory, meme tendance, Charlène qui tient une boutique de cosmétique semble avoir déja fait sa comptabilité. "Avant ça grouillait de partout on vendait tout, là j'ai à peine vendu pour 50 000 fcfa en deux semaines, bon ça doit êre la crise mais on avait pensé le contraire donc beaucoup de commerçants comme moi ont beaucoup investit pour cette fin d'année 2012" nous indique la femme assise sous un parasol devant son étale de produits qui ne trouvent preneur.
Cheick, un commerçant d'origine sénégalaise du marché d'Angré, se voit quant à lui contraint de baisser sa marge de plus de 30% pour écouler son stock de vélo pour enfants. "Rien ne marche depuis la fin de la crise, c'est vraiment, pire qu'avant, je vais être obligé de laisser mes petits vélos à moins de 10 000 fcfa si ça continue, vous vous rendez compte, à se rythme là je ne sais pas comment je vais finir mon année" conclura le commerçant dépité devant ses vélos venus tout droit d'Asie.
Le constat de baisse d'activité est aussi palpable chez les commerçants à la minuscule clientèle plus aisée du pays. Dans un centre commercial réputée, malgré un renforcement des effectifs pour la période festive, une employée d'un magasin de parfum s'inscrira dans la même tendance, de même pour celle rencontrée à la caisse d'un stand multimédia dressé pour l'occasion. "On a passé beaucoup de commandes mais là ça a du mal à partir, les clients sont hésitants, ils ne dépensent plus comme avant" indique la caissière en ajoutant "on compte sur les expatriés et les gens de l'onuci, eux ils ont l'argent en fait mais nos parents là, c'est pas facile sauf pour certains mais c'est une minorité effectivement".
Devant une console de jeux vidéo, Sarah et sa sœur sont venus avec leurs deux petits frères d'Adjamé, pour s’enquérir de l'ambiance commerciale des fêtes de fin d'année dans ce centre commercial mais ces dernières ne s’arrêteront qu'au lèche vitrine. "Après la crise papa a perdu son travail au port et maman ne travaille pas, ce sera la première année ou je pense noël se passera sans cadeau pour nous, moi ça va je suis grande mais pour mes petits frères ça me fait mal" témoignera la grande sœur occupée à demander à ses petits frères de ne pas toucher aux paquets qui se dressent devant eux.
Non loin, une boutique de prêt à porter plutôt tendance, là encore c'est pas la joie. "Les gens qui ont l'argent vont fêter en France, ceux qui restent attendent les soldes, à la boutique pour l'instant on a une baisse de plus de 23% de notre chiffre d'affaire par rapport aux années précédentes, on espère que les prochains jours seront meilleurs" indiquera la tenancière des lieux.
Notons aussi pour finir que ce lundi est très attendu des commerçants. Il rime avec paiement des salaires des fonctionnaires qui, argent retiré, courront sans nul doute le dépenser.
En Côte d'Ivoire si les promesses et le tout va bien dominent la ligne de communication relayée par les médias occidentaux et d'Etat, force est de constater que sur le terrain, en toute objectivité la situation ne serait pas si idyllique qu'elle en aurait l'air.