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Macky Sall (ph)
SÉNÉGAL - DAKAR LE 13 SEPTEMBRE 2012 © koaci.com - Les élections sénatoriales qui devaient se tenir dimanche sont annulées. En effet en attendant l'adoption par les deux chambres du Parlement avant leur validation défintitive par le président de la République, les députés, réunis mercredi soir, ont voté dans leur majorité le projet de loi portant suppression du Sénat et de la vice-présidence. L'opposition par la voix d'Oumar Sarr a quant à elle dénoncé des tripatouillages de la Constitution.
Macky Sall veut-il se défaire de ses alliés?
Le président Macky Sall a exploité, politiquement, les inondations et l’exécution de condamnés à mort en Gambie pour rehausser sa popularité auprès des sinistrés et des patriotes sénégalais.
Les projets qu’il a annoncé, particulièrement la suppression du Sénat, ont amené bon nombre de ses alliés, voire de ses militants, à ruer dans les brancards. Il ne s’en formalise pas pour autant.
Mieux ou pis, d’autres mesures pouvant encore les fâcher pourraient suivre. Macky semble chercher à se défaire du fardeau de ses engagements auprès de ses alliés.
Si le projet de suppression du poste de vice-président et du Sénat ont été salué par les Sénégalais soucieux d’une meilleure rationalisation des ressources financières du pays, ils ont par contre mis dans tous leurs états les militants et partisans du président Macky Sall, qui s’attendaient à des strapontins et des postes promis.
Parmi eux, Jean-Paul Dias, qui a jugé le projet de suppression du Sénat « d’inopportun ». Le perchoir de cette institution lui serait promis, comme à Idrissa Seck et Ousmane Tanor Dieng, dont les militants, rewmistes et socialistes, arrivent quand même à ne pas trop s’offusquer. Ils pourraient déballer au grand jour, voire claquer la porte de la coalition Benno bokk yaakaar, qui a porté Macky Sall au pouvoir.
Car, le président, de sources certaines, n’entendrait pas s’arrêter à ces deux mesures. Outre le conseil économique et social, il entendrait raser des directions et agents, dont ses alliés rêvaient des fauteuils. Macky Sall plaidera la politique de l’austérité, pour mieux booster sa popularité auprès des Sénégalais.
Mais, officieusement, il agit pour se séparer de ses alliés ; tant, il a pris « trop » d’engagements à leur égard, tant ses militants réclament des postes. Or, il ne peut satisfaire tout le monde et ne peut s’exposer à la furie des militants qui l’ont aidé à traverser le désert. Dès lors, mieux vaut se concilier les électeurs et militants que des alliés qui n’ont pas renoncé à la conquête du pouvoir.
En tout cas, les députés, réunis en plénière hier, ont voté dans leur majorité le projet de loi portant suppression du Sénat et de la vice-présidence, ainsi que celui visant à réformer le Conseil économique et social qui devient désormais Conseil économique, social et environnemental. Cela après des discussions très houleuses.
Le gouvernement a proposé, en procédure d’urgence, un projet de loi modifiant la Constitution avec la suppression du Sénat, du poste de vice-président de la République et la réforme du Conseil économique et social.
Mais la question qui taraude l'esprit des sénégalais: que cherche réellement le président Macky Sall?
Rappelons que Macky Sall avait annoncé le 29 août le dépôt d'un projet de loi d'urgence pour supprimer le Sénat et affecter le budget de cette institution, près de 8 milliards de FCFA, à la lutte contre les inondations qui ont fait plusieurs morts dans le pays ces dernières semaines
Malickou Ndiaye, KOACI.COM DAKAR, copyright © koaci.com |