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TRIBUNE GABON - LE 14 AOUT 2012 - KOACINAUTE -
Ndongou, as-tu toute ta tête ?
L'information fait déjà grand bruit: 3 personnalités du monde politico-sécuritaire gabonais sont menacés pour crime devant la Cour Pénale Internationale de La Haye.
Parmi eux, un certain Jean-François Ndongou, l'homme qui cumulait la responsabilité du ministère de la Défense et de l'Intérieur lors de l'élection présidentielle anticipée du 30 août 2009. La répression des citoyens qui ont contesté le résultat annoncé par le ministre de l'Intérieur a fait une soixantaine de morts et plusieurs dizaines de blessés à Port-Gentil. Voilà où peuvent conduire l'excès de zèle et la haine. Dommage...
Au débutant - classe qui accueillait les élèves qui ne savaient pas encore lire -, dans les années 50-60, les garnements, les tarés du ciboulot et autres cancres étaient les vedettes d'un genre particulier. Outre le fait qu'ils étaient toujours à côté de la plaque, ils subissaient la furie des maîtres : alors que les élèves les plus intelligents savaient se montrer discrets, les cancres, eux, ne rataient pas une occasion pour se faire – négativement – remarquer. Ceux qui ont emprunté le chemin de l'école à l'époque se souviennent de ces camarades d'un genre particulier et n'oublient pas cette phrase du syllabaire Mamadou et Bineta: « Toto as-tu ta tête ? »
Chaque classe avait donc son « Toto », et celui-ci finissait par s'habituer à ce rôle, ne réalisant même pas qu’il était en train d'hypothéquer dangereusement son avenir. Quand le maître demandait à la classe de « montrer les cornes », tous ses camarades le pointaient du doigt.
Dans la vie courante, notamment dans les cercles du pouvoir, chaque groupe a l'équivalent du petit « Toto ». Il y en a qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et ne poussent pas la réflexion. Ils aboient, mordent comme des chiens de garde lorsqu'ils estiment que "leur" pouvoir est menacé, et vont parfois jusqu'au génocide.
Depuis quelques heures, le ministre de l'Intérieur a repris du service et brandit l'éternelle menace, « force reviendra à la loi ». Mais de quelle loi s'agit-il ? Celle concoctée dans une officine politique dans le seul but de conserver le pouvoir, et qui ne tient pas compte des aspirations du peuple souverain ?
Force reviendrait donc à toutes ces lois iniques dont le but inavoué est de dissuader les citoyens à revendiquer leurs droits ? A moins que la loi du ministre de l’Intérieur ne soit qu’un abominable cache-sexe destiné à maquiller les prochains massacres de Gabonais comme en septembre 2009.
A-t-il bien réfléchi,
Jean-François Ndongou? Aurait-il oublié qu'il est désormais dans le collimateur de Cour pénale internationale ? Sait-il, au moins, que Nicolas Sarkozy qui couvrait leurs crimes n'est plus à l'Elysée ? Lorsque, comme lui, des responsables guinéens décidaient de faire tirer sur des opposants en meeting au stade de Conakry, ils ne savaient pas qu’ils commettaient l'erreur fatale. Alors, Ndongou, as-tu toute ta tête ?
François Ondo Edou
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