TRIBUNE GABON : Déclaration du MORENA SUR La culture de l’ hévéa au Gabon par la société Olam
 
TRIBUNE GABON - LE 7 AOUT 2012 - KOACINAUTE - MOUVEMENT DE REDRESSEMENT
NATIONAL

DEMOCRATIE-PROGRES-JUSTICE-PAIX

B.P. 1265
TEL. 06.24.30.42 / 07.39.46.69
LIBREVILLE (GABON)

La culture de l’ hévéa au Gabon par la société Olam.

Depuis plusieurs mois, le projet de création des nouvelles plantations d’hévéaculture de la société Singapourienne Olam, dans le Woleu-Ntem, défraie les chroniques. Il ressort , à la lumière des émissions télévisées et des articles des journaux , d’une part, qu’ une bonne partie de la population de cette province rejetterait ce projet à cause de ses nombreux effets dangereux qu’il occasionnerait, malgré l’existence des anciennes exploitations de la société d’Etat Hévégab rachetées par Siat, société belge ; d’autre part , que l’Etat gabonais et Olam s’acharneraient à convaincre ces populations des avantages de ce projet et risqueraient même de le leur imposer, car la loi du plus fort est toujours la meilleure. Le MORENA souhaite donc contribuer à ce débat : par l’examen de l’opportunité d’un tel projet au Gabon, la recherche de la valeur de la terre dans l’évaluation et la réalisation d’un projet agricole, les risques qu’il engendrerait, enfin la cause probable de la disparition de la cacaoyère dans la province du Woleu-Ntem.

Certains Gabonais s’interrogent aujourd’hui sur l’opportunité de créer de vastes plantations d’une culture de rente, dans un pays qui souffre d’un déficit alimentaire chronique. C’est ainsi que, pour répondre à la demande intérieure, il est amené à importer annuellement plus de 200 Milliards de Franc C.F.A de produits alimentaires, devenant ainsi totalement tributaire de l’extérieur. Or , le meilleur choix aurait été d’adopter une politique agricole rigoureuse destinée à réduire ce déficit permanent qui pénalise le peuple Gabonais, au lieu que le pseudo pouvoir émergent se soumette, sans aucune réserve et même sans une sérieuse étude préalable, aux exigences de culture d’hévéa posées par la société internationale Olam dont le seul objectif reste le profit, rien que le profit, passant outre toutes les inquiétudes de la population locale. Pourtant, Le Gabon devait d’abord lancer un vaste programme de cultures vivrières dont les produits seraient consommés ou transformés sur place pour faire fi à ce déficit alimentaire, avant de relancer la culture des plantes de rente.

L’autre paradoxe porterait sur l’équation de la valeur du sol dans la réalisation des projets agricoles. Si Olam venant de Singapour avec suffisamment de fonds, recherche la terre gabonaise afin d’y produire l’hévéa, cela démontre à suffisance que la terre revêt une importance capitale dans la production agricole ; en réalité, c’est elle qui fait pousser l’hévéa, pas l’argent qui, à lui seul, ne peut se transformer en hévéa. Pourquoi , lors de la constitution du capital d’Olam- Gabon pour lancer des plantations de près de 50 000 ha, la terre n’aurait pas été cotée ou évaluée, pour déterminer un montant qui serait introduit dans le capital de cette entreprise pour représenter la contribution en nature des Gabonais, qui seraient automatiquement des actionnaires, donc copropriétaires d’ Olam – Gabon . Dans ces conditions, la société réaliserait peut-être librement ces plantations. Pour obtenir une parcelle dans nos villes et zones rurales, le citoyen ou demandeur doit d’abord s’acquitter de nombreuses taxes. Quel montant Olam a- t’elle versée dans les caisses de l’Etat avant de s’attribuer 50000 ha de nos terres et de nos forêts vierges avec nos minerais et nos bois divers. Au cas où cette somme aurait été effectivement encaissée, l’Etat l’aurait-il véritablement reversée dans le capital d’Olam comme participation des Gabonais pour l’exécution de ce projet ? Pour la simple raison que l’Etat ne se soucierait pas réellement de leurs intérêts, les Gabonais devraient continuer à refuser qu’Olam qui ne disposerait plus de terres fertiles à Singapour, s’approprie indûment de leur sol avec la complicité de l’Etat pour y produire l’hévéa. Le MORENA pense que la terre a une valeur considérable dans la production agricole. Cela implique désormais que le capital de chaque société agricole ou agro- industrielle soit réaménagé pour y inclure la valeur du sol des plantations existantes ou futures et leurs éventuelles extensions et ceci au profit des populations environnantes et non exclusivement de l’Etat . La terre appartient d’abord au peuple gabonais représenté par le pouvoir qui devrait éviter de l’ignorer lors de la conception et de l’exécution des actes et projets. Le MORENA affirme que chaque décision, acte, projet du pouvoir doit viser en priorité le développement du pays dans l’intérêt de tous et le bonheur du peuple. Les pouvoirs passent mais le peuple reste, à cet effet , ses intérêts devraient être sauvegardés à tout instant et en tout lieu.

Il faut souligner, d’autre part, que les risques d’un tel projet ne sauraient être déterminés avec précision dès le début de son exécution. Le MORENA reste convaincu que le projet Olam ajouté aux plantations de SIAT et des villages occasionnerait de nombreuses conséquences néfastes à court, moyen et long termes. A l’heure où la planète entière se bat pour protéger l’écosystème en limitant l’effet de serre par la protection des forêts de l’Amazonie et de l’Afrique centrale actuellement principaux poumons de l’atmosphère à coté des océans, détruire 50000 ha de forêt primaire provoquerait certainement un véritable déséquilibre écologique. Les experts gabonais d’Olam estiment que cette situation ne sera que temporaire, car l’hévéa pourrait remplacer la forêt détruite ; mais ceux-ci oublient, d’une part, que la grande forêt primaire renferme en général des herbes, des arbres , des lianes, des arbustes , des insectes, des reptiles, des oiseaux, des animaux, (base principale de la médecine traditionnelle), des poissons dans des fleuves et des ruisseaux ,faune et flore de toutes grandeurs, de toutes formes et de toutes natures qui disparaissent, soit partiellement ,soit totalement, à cause de la déforestation , le dessouchage et le décapage et détruisent le sol et son humus ,alors que ,d’autre part, les nouvelles plantations créent un nouvel environnement peu favorable à l’homme et à la nature elle-même, parce que la racine pivotante de l’hévéa va très en profondeur (voire 50 m) avec une large couronne qui lui permet d’absorber d’importantes quantités d’eau et de nombreux sels minéraux, à tel point que l’association avec une autre plante ne serait plus possible dans une plantation après une période de 5ans. Faut –il alors encourager ce genre de projet exclusivement pour des intérêts financiers dans un pays qui regorge de tant de potentialités ou de possibilités ?

Le MORENA craint aussi que l’entretien de ces grandes plantations ne puisse se faire sans engrais et pesticides chimiques très dangereux dont les conséquences n’apparaitraient, comme dit plus haut, que quelques années plus tard. L’honorable Député de Minvoul, opposé à ce projet, a énuméré un certain nombre d’entre elles qu’il ne faudrait peut-être pas balayer d’un simple revers de main : stérilité des sols, puberté précoce des jeunes filles, disparition des gibiers des forêts, des poissons des fleuves et des rivières… Le plus regrettable aujourd’hui, est l’acharnement avec lequel, certaines personnalités politiques et les cadres du Woleu-Ntem, omnibulés par ce projet, le défendent si farouchement, sans tenir compte des effets secondaires constatés lors des expériences antérieures. Ils s’appuient notamment sur la possibilité de créer 7000 emplois, en occultant les effets négatifs d’une telle décision. Si le recrutement se faisait exclusivement à l’intérieur de la province, le risque de voir une partie de la population active occupée jusque là aux activités agricoles pour sa subsistance , les abandonner, pour la culture de l’hévéa, ce qui provoquerait fatalement une forte réduction de la production agricole dans les villages conduisant inéluctablement à la disette, comme cela serait arrivé dans le passé lors de la première introduction de cette culture dans le Woleu-Ntem. Si par contre, le recrutement se faisait à l’extérieur de la province, un nouveau phénomène apparaitrait dans cette région mono-linguiste du Gabon :le métissage de la population mettant ainsi fin à son unité culturelle et ethnique au moment où dans le monde entier , chaque groupe d’ êtres humains tient à affirmer son identité et à défendre ses valeurs culturelles. Face à tous ces problèmes et ceux publiés par les magazines et les rapports des experts américains sur les conséquences sur l’environnement provoquées par la culture de l’hévéa par Olam en Chine, au Laos, en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge et à Myanmar rappelées par le journal la UNE dans sa livraison du mercredi 25 Juillet 2012 en page 5,le monde politique et les experts d’Olam devraient mettre un terme à leur zèle s’ils tiennent réellement au bonheur du Peuple gabonais et pourraient l’encourager à maintenir son ferme rejet de ce projet.

L’autre inquiétude des Gabonais, porterait sur le risque possible de voir la société Olam, tout en prétendant faire des activités agricoles, se livrer discrètement à l’exploitation de quelques mines (or, diamant, mercure etc.) comme cela se fait souvent en Afrique Sub-saharienne. Cette situation serait dû à la confidentialité qui entoure les informations de la carte minière au Gabon, ce qui empêcherait jusqu’aujourd’hui quelques citoyens à veiller sur les richesses naturelles de leur sous-sol. D’ailleurs, les informations de cette carte devaient aider le pouvoir à orienter les jeunes bacheliers en fonction des programmes d’exploitation et de transformation de ces différents minerais, car les Gabonais eux-mêmes devraient désormais maîtriser tout le secteur minier. C’est à ce prix que pourrait se bâtir notre indépendance politique et économique au lieu de continuer à assister indifférents et parfois impuissants au pillage de notre économie.

Avant de terminer, il serait peut être utile de rappeler à la mémoire des Gabonais, les causes probables de la disparition progressive de la cacao culture dans la province du Woleu-Ntem. Serait-il utile de s’excuser auprès de ceux qui se sentiraient blessés par cette information ? Qu’ils se rappellent que si toute vérité n’est pas bonne à dire, il n’y ait de vérité que le temps ne révèle.

Pendant la période coloniale, la culture du cacao était florissante, Les planteurs disposaient de moyens suffisant pour faire face à leurs besoins : épouser les femmes, construire des villas avec des matériaux locaux, s’acheter des bicyclettes et parfois des véhicules, parfois financer les études de leurs enfants hors du pays. En un mot, à leur époque la vie paraissait mieux organisée.

Mais, après la déclaration Search déclaration d’indépendance le 17 Août 1960, le pouvoir de l’époque se rendit aussitôt compte que le train de vie de la population du Woleu-Ntem frisait la suffisance et l’arrogance. Il était nettement différent de celui du reste du pays . Ce pouvoir se demanda comment changer cette situation. A la lumière des explications des conseillers qui affirmaient que les Woleu-Ntemois étaient à majorité planteurs, donc vivant essentiellement des revenus du sol et dépendant peu de l’Etat, les Autorités politiques décidèrent la disparition progressive de la cacaoyère , par le retrait immédiat du réseau du personnel d’encadrement de l’Etat installé auprès des planteurs, le démantèlement de toutes les coopératives villageoises déjà organisées , tout le matériel agricole emporté, enfin les planteurs abandonnés à eux-mêmes. Dès lors, la cacaoyère Woleu-Ntemoise commença sa descente aux enfers avec la suppression des marchés contrôlés, la réduction de la production faute de motivation et du prix à l’achat, amenuisant malheureusement les revenus des planteurs et créant une vie morose et oisive tendant fatalement à une forte dépendance de l’Etat.

Le projet Olam ne viserait-il pas en définitive à interrompre la nouvelle forme d’activité agricole de la localité portant sur la culture et la vente des produits vivriers qui procurent à nouveau quelques ressources aux villageois ?
Enfin, le MORENA affirme que le projet Olam est inopportun dans un pays qui connait un grand déficit de la production alimentaire. De ce fait, l’Etat devrait plutôt prendre des mesures draconiennes pour relancer l’agriculture par l’accompagnement et l’encadrement les villageois dans l’exercice de la polyculture villageoise (en protégeant l’environnement) et l’élevage, afin de satisfaire la demande intérieure en croissance constante. La culture de l’hévéa vise plutôt à satisfaire les appétits de certains capitalistes qui se soucient difficilement des préoccupations des populations locales. Qui garantirait qu’OLAM ne s’attribuerait pas toutes les richesses de la forêt, du sol et du sous –sol. Ces privilèges découleraient-il d’excellentes relations qu’Olam entretiendrait avec M. Ali Bongo son principal soutien et éventuellement grand actionnaire au Gabon ? C’est l’occasion de rappeler avec insistance que dans notre pays le Gabon, tous les efforts doivent concourir à la concrétisation du souci de l’intérêt supérieur de la nation par la réalisation de son développement harmonieux et intégral. Il faut rappeler à chaque Gabonais que Le Gabon n’est pas à vendre.


Le Président du MORENA

Luc BENGONO NSI Membre fondateur

Ps: KOACINAUTE = MEMBRE PARTICIPATIF DE KOACI INSCRIS SUR KOACI (lien inscrit toi en page d’accueil)
 
 
4031 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 07/08/2012
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