|
Allioune Tine ici lors de l’émission sur LCF
TOGO - LOME LE 6 AOUT 2012 © koaci.com - Président de la Rencontre africaine pour les droits de l’homme (Radho), l’universitaire sénégalais Allioune TINE qui a dirigé le M23 lors de la contestation de la candidature du Président Abdoulaye Wade, séjourne actuellement à Lomé.
Avec les répressions des manifestations pacifiques du Collectif « Sauvons le Togo », le pays est à nouveau considéré comme un foyer de tension. De nombreuses personnalités et organisations viennent aux nouvelles pour prévenir toute répétition du drame poste électoral de 2005. Face à un pouvoir décidé à opérer un nouveau coup de force électoral , des Organisations de défense des droits de l’homme et partis politiques usent de la mobilisation populaire pour obliger à un dialogue devant déboucher sur des réformes, à même de garantir des élections transparentes et démocratiques.
Au nombre des personnalités venues aux chevets de la crise togolaise, s’ajoute Allioune TINE. Président de la Radho, ce défenseur des droits humains a présidé avec succès le M23 qui a permis la réalisation de l’alternance au Sénégal. « Je suis venu au Togo pour partager l’expérience du M23 avec le CST », a déclaré M. TINE dans l’émission « Le Grand Débat » sur une chaîne privée de télévision, LCF. Entre problèmes politiques liés aux exigences en vue d’élections transparentes et violations graves te répétées des droits de l’homme, les sujets qui ont conduit M. TINE à faire le déplacement de Lomé, sont aussi nombreux que préoccupants.
En tête de ces sujets figurent la question de la torture. « Les Oddh doivent se battre pour mettre un terme à la torture », a insisté le président de la Radho. Bien de mois après la publication du rapport sur la torture à la suite de laquelle le président de la Cndh a été contraint de fuir le pays, le pouvoir se contente d’avoir pris des sanctions disciplinaires contre les auteurs. « On ne peut pas combattre la torture qui est un crime odieux, avec des mesures administratives », conteste M. TINE. « Les mesures administratives ne doivent servir qu’à mettre les auteurs à la disposition de la justice. Dès qu’il est fait allégation de torture, on doit ouvrir une enquête judiciaire », a-t-il affirmé.
Une requête en révision du procès Kpatcha Gnassingbé et consorts, vient d’être rejetée par la Cour Suprême malgré les confirmations d’actes de torture exercés sur les accusés. Le rapport de la Cndh qui confirme cela est intervenu après le verdict. Pour Allioune TINE, le personnel de la justice doit également s’approprier le combat contre la torture. Cependant relève t-il, « il y a des problèmes avec la justice togolaise, mais ce sont les juges eux-mêmes qui doivent demander plus de respect de leur profession ».
La justice togolaise est instrumentalisée et ses décisions font parfois objet de blocage de la part de l’exécutif. C’est le cas d’un arrêt de la Cour Suprême ordonnant une liberté provisoire de l’homme d’affaire Sow Bertin AGBA, et qui peine à être exécuté plus d’un mois après. « Il y a eu quelques progrès au Togo, mais le Togo n’a pas le droit de reculer », a averti M. TINE
Il s’est félicité de l’état de disposition dans laquelle se trouvent les autorités qu’il a rencontrées. « J’ai rencontré le Premier ministre, le Garde des Sceaux, ministre de la justice (…). Les autorités ont manifesté des dispositions positives ». Une affirmation aussitôt démentie par l’empêchement d’un meeting du CST à Kara, par des miliciens menaçants. Pour Allioune TINE qui désavoue l’approche discriminatoire de Me Yawovi AGBOYIBO, consistant à octroyer une exclusivité aux formations politiques dans la recherche des solutions à la crise politique, « partis politiques et Organisations de la société civile, doivent se mettre ensemble pour trouver des solutions et travailler à construire l’Afrique. Toute approche discriminatoire serait source de violences », a-t-il indiqué.
Alloioune TINE a également insisté sur le fait que l’expérience sénégalaise avec le M23 et « Y a en marre », n’est pas forcément transposable. « Chaque pays a son histoire et ses réalités », a-t-il affirmé, conviant les populations à ne pas hésiter à exprimer leur indignation.
Aghu,KOACI.COM LOME; copyright © koaci.com |