|
TRIBUNE GABON - LE 4 AOUT 2012 - KOACINAUTE - Cinquième piste pour l'accès du peuple à la souveraineté: Le lobbying politique, humanitaire et la pression économique et financière internationale
L’argent pour les Bongo est un véritable instrument de pouvoir. L’Etat Bongo-PDG est incapable de se maintenir au pouvoir s’il ne paye pas des salaires à sa pléthorique fonction publique, n’entretient pas sa cohorte de courtisans et maîtresses, ne corrompt pas la classe politique européenne et africaine notamment française ou encore les opposants gabonais qui veulent bien l’être… En fait il est obligé d’entretenir grassement des gens qui ne travaillent plus depuis des lustres, c’est le prix à payer pour se maintenir au pouvoir. Ces dernières années, une crise économique frappe le Gabon, Omar Bongo n'ayant plus de véritables entrées au niveau du budget était donc obligé de rapatrier une partie des avoirs qu'il a détourné pendant prés de quatre décennies de prédation. En plus de cela, il complétait la différence par un endettement excessif en gageant les ressources du Gabon et par une aide supplémentaire des instances financières internationales. Cette situation a conduit inévitablement à un alourdissement de la dette, qui, bien entendu, loin de permettre aux gabonais d’avoir une vie plus décente, a enrichi d’avantage les milieux mafieux du clan Bongo. C’est grâce à cette combine qu’il se maintenait au pouvoir en redistribuant les miettes du gâteau budgétaire.
Mais en quoi la pression économique internationale peut-elle favoriser l’alternance politique au Gabon. S’il y a embargo économique et financier contre l’Etat Bongo, les ressources du régime s’amoindriront comme une peau de chagrin. Pour un premier temps, les Bongo rapatrieront l’argent volé pour maintenir le régime à flot. Mais bien vite avec la pression conjuguée du grand océan de misère et les barons qui en auront mare de dépenser l’argent volé il sera obligé de céder. Cet embargo économique et financier peut se traduire par la rupture d'achat des matières premières du Gabon. Les richesses du pays ne se vendant plus, les accords internationaux suspendus, les prêts et décaissements divers arrêtés, les salaires n’étant plus payés, l’Etat Bongo tombera comme un fruit sous la tempête de l’insurrection. Cette solution est la plus pacifique pour que le peuple accède à sa souveraineté.
Les partenaires ou les complices occidentaux de Bongo vont arguer que la voie des sanctions économiques va plutôt desservir les pauvres et n’affecteront nullement le pouvoir des Bongo. Mais les gabonais vivent depuis longtemps dans la misère, que quelques mois de souffrance en plus dans l’espoir d’une vie meilleure, ne feront aucun effet sur leur situation. En tout cas les gabonais attendent des leaders crédibles qui les conduiront vers des luttes de cette nature.
Il faut donc intensifier l'action de lobbying au niveau international en montrant aux yeux de tous les acteurs politiques du monde la nature réelle du régime des Bongo. Il faudrait associer, outre les partis politiques des pays démocratiques, mais également les ONG, les parlementaires, les institutions financières. Ainsi le lobbying politique visera essentiellement les hommes politiques, les gouvernements et les partis politiques. Le lobbying humanitaire visera essentiellement les ONG des droits de l'homme, les associations caritatives, les artistes, les acteurs, écrivains, journalistes, procureurs, juges, les personnalités (anciens présidents, anciens PM, anciens ministres, anciens députés, anciens juges, anciens procureurs, etc). Le lobbying économique et financier doit se faire auprès des créanciers du Gabon pour que ces derniers accroissent la pression. Dans cet optique, les institutions judiciaires et financières internationales seront sollicités pour que les avoirs financiers et les biens mal acquis des dignitaires du régime soient saisis, qu'il leur soit refusé le droit de voyager en Europe et en Amérique.
Pour plus d'efficacité ces actions doivent compléter la quatrième piste. Cette piste est sérieuse, car si le régime n'a plus d'amis à l'étranger, il ne peut vivre ou survivre en autarcie. Les barons du régime ont besoin de l'étranger pour se sentir vivre: leur nourriture, leur vêtements, leurs voitures, etc, sont tous importé de l'étranger, sans l'étranger ces barons ne sont rien.
Toute gabonaise ou gabonais vivant à l'étranger, opposant ou membre de la société civile, peut faire du lobbying en dénonçant l'imposture du régime qui dirige le Gabon auprès des hommes politiques proches de leur environnement social et politique. Ceux qui sont au Gabon ne sont pas ,libres ils ne peuvent pas le faire.
Alors chers patriotes de la diaspora, vous savez ce qui vous reste à faire.
Sixième piste d'accès du peuple à la souveraineté: Les grèves et les manifestations sociales
Omar Bongo disait « qu’il préfère l’injustice au désordre, car l’injustice se répare alors que le désordre non », en parafant Houphouët Boigny. D’autres lui ont répondu en citant Marx : l’ordre n’est que le désordre organisé, car le désordre et l’ordre sont deux faces d’une même réalité. Le désordre naît de l’injustice. C’est la tentative désespérée de se faire justice que nait le désordre. La revendication d’équité et de justice qui entraîne le désordre, c’est à dire le déséquilibre. Ce n’est pas pour rien que toutes les justices du monde se symbolisent par une balance, signe d’égalité et d’égalité pour tous.
Pour l’Etat Bongo-PDG, comme pour toutes les dictatures, une grève n’est rien d’autre que du désordre ; c’est pourquoi les Bongo, de père en fils, n’hésitent pas à réprimer des grèves et les manifestations sociales, avec une extrême violence.
Pour faire l’exemple, ils usent des méthodes de tyran : ils font assassiner quelques membres du groupe pour installer la peur. Ou ils corrompent certains leaders du mouvement. Ils compromettent d’autres avec de la fausse monnaie pour les saisir en flagrant délit de trafic de fausse monnaie. Ils les font emprisonner sous le délit des divers de droit commun. Le mouvement est cassé et la grève annihilée, car la confiance entre les leaders du mouvement et la masse, disparait.
Les partisans du changement doivent comprendre que toute compromission avec le dictateur et sa clique est préjudiciable au combat pour la libération du peuple gabonais.
Un autre moyen utilisé par l'Etat Bongo-PDG pour casser la grève c’est le non payement des salaires. Ils sont coupés par mesure disciplinaire à tous les grévistes. Face à cette situation les gabonais ont inventé une nouvelle forme de grève: la grève larvée. Dans ce type de grève le travailleur est tout les jours à son poste de travail mais arrive en retard et repart tôt. Il a un rendement tellement faible qu’il ne travaille presque pas. Il touche cependant son salaire. Le résultat c’est une lenteur administrative énorme qui retarde tous les dossiers et un blocage certain du système. Depuis 1990 les gabonais appliquent ce procédé, mais le pouvoir s’en fiche ce n’est pas ce qui ne le fera pas dormir. Il n'a pas hésité à " virer" tous les fonctionnaires du ministère des domaines pour faire l'exemple. Tant que les gens ne sont pas dans les rues le régime est tranquille.
Bien qu’élément important dans une insurrection populaire la grève larvée dans sa forme actuelle ne peut faire atteindre les objectifs d’alternance et de changement de pouvoir au Gabon. Elle peut ralentir l’économie mais les objectifs politiques d’alternance au pouvoir seront difficilement atteints.
La grève générale illimitée, qui paralyse l’Etat, est une solution efficace à cour terme. Il reste à savoir si les gabonais sont prêts a accepter les sacrifices que cela suppose (salaire coupé, perte d'emplois, persécutions, poursuite judiciaire, menaces etc). Si le peuple est suffisamment préparé et à condition qu’elle soit organisée minutieusement et touche les principales villes, tous les secteurs de la société, tous les secteurs de l’économie, la gréve générale illimitée peut apporter des solutions d'alternance. Cette situation ne peut préluder qu’au changement de pouvoir. Je dis bien préluder, car il n'y a pas beaucoup d'exemples dans le monde ou la grève générale a directement renversé une dictature; mais elle a contraint le régime en place à adopter, sous la pression populaire, les revendications légitimes du peuple. L'acceptation et l'exécution de ces revendications ont, presque toujours de façon irrémédiable, entraîné le régime au discrédit international et à la chute du dictateur. Une attention et une vigilance particulière doivent être observées car la récupération par des membres de l’oligarchie pour profiter à se hisser au pouvoir est plus que probable.
Alors chers partisans du changements, les syndicats, les travailleurs, les fonctionnaires, la société civile, les chômeurs, les étudiants, les élèves, les populations rurales et urbaines etc, doivent être invités à demander le départ du dictateur, pour enfin organiser une assemblée constituante, une conférence nationale, bref toute forme de forum qui permettra aux gabonaises et aux gabonais de trouver la voie de leur destin.
Ps: KOACINAUTE = MEMBRE PARTICIPATIF DE KOACI INSCRIS SUR KOACI (lien inscrit toi en page d’accueil) |