Cette décision a été prise lors d’une réunion des associations et organisations de presse, suite à l’enlèvement et le passage à tabac de Saouti Haïdara, âgé de 62 ans et directeur de publication du quotidien l’Indépendant.
Alors qu’il bouclait son journal du 13 juillet, aux environs de 21 heures, Saouti Haïdara a reçu la visite d’une demi-douzaine d’hommes en civil, mais armés. Face à l’opposition du personnel de la rédaction, au projet d’embarquer leur directeur, les visiteurs n’ont pas hésité de tirer en l’air, pour les en dissuader. Une heure environ plus tard, Saouti Haïdara a été jeté derrière le stade du 26 mars, situé dans un quartier périphérique au nord est de Bamako. Il a été bastonné par des hommes armés, qui l’ont frappé avec des matraques et leurs armes, en lui donnant des coups de bottes dans les côtes, selon lui-même. Pendant que certains le braquaient de leurs fusils, les autres le frappaient. « La seule chose qu’ils m’ont dite, c’est que « vous les journalistes, vous nous emmerdez », a affirmé Saouti Haïdara. Les auteurs du forfait lui auraient menacé de mort, s’il portait plainte. Il a subi des sévisses corporels et s’en est sorti avec un bras fracturé et des blessures graves à la tête. Saouti a été conduit à l’hôpital « Mère et Enfant » de Hamdallaye où il a reçu des soins avant de regagner chez lui. Il a reçu la visite du gouvernement à travers le ministre Hameye Founé Mahalmadane, qui a qualifié cette agression d’une barbarie inhumaine et indigne.
Depuis le 22mars 2012, date du renversement du Président ATT, les agressions de journalistes dans l’exercice de leur profession sont monnaie courante. Saouti Labass Haidara avait déjà été interpellé par les services de la sécurité d'Etat, le 16 mai 2012. Avant lui, le 09 mai dernier, Birama Fall, directeur de publication du Prétoire, avait été interpelé par la sécurité d'Etat. Puis celui de Chahana Takiou, directeur de publication du 22 Septembre convoqué par la sécurité militaire le 24 mai 2012. Abdrahame Keïta, directeur de la rédaction du journal Aurore, a été enlevé et passé à tabac le 2 juillet dernier, avant d’être délesté d’une somme d’argent.
Ce vendredi 13 juillet, des organisations et associations de presse ont dans une déclaration commune, condamné des agressions contre les hommes de presse qui menacent sérieusement depuis un certain temps, la liberté de la presse et l'exercice de la profession de journaliste au Mali. « Nous interpellons avec insistance les plus hautes autorités du pays à prendre toutes les dispositions pour faire la lumière sur toutes ces agressions sauvages et barbaries aux antipodes de la démocratie et de la liberté de la presse. Nous lançons un appel aux démocrates et défenseurs des droits de l'homme à une mobilisation totale en faveur des journalistes afin de sauvegarder la liberté de la presse. Nous interpellons ouvertement le gouvernement du Dr. Cheick Modibo Diarra à prendre ses responsabilités pour que plus jamais un journaliste ne soit inquiété dans l'exercice de sa profession », souligne la déclaration commune.