La crise née entre les magistrats et le Garde des Sceaux depuis novembre 2011 peine toujours à être réglée. Si les promesses ne sont pas satisfaites, les magistrats entendent aller plus loin s'il le faut. En effet, depuis sa déclaration du 08 décembre 2011 fustigeant en des termes crus la corruption au sein des magistrats, le ministre de la justice, Me Marie Elise Gbèdo a dit tout haut, ce que nombre de citoyens pensent certainement en sourdine. Le bureau exécutif de l'Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) a en son temps, réagi tout en exigeant réparation. Ce qui a été finalement fait en début du mois de février 2012 par le Garde des sceaux. Cette dernière sortie en question du ministre est intervenue au terme d'une séance de vérité que le chef de l'Etat a eu le vendredi 03 février 2012 avec le président de la cour suprême, le bureau exécutif de l'Unamab et le garde des sceaux. L'intervention personnelle du chef de l'Etat et bien d'autres autorités ont, in fine, permis aux autorités de prendre des engagements en vue du dégel de la situation.
Plus de quatre mois après, les autorités n'ont manifestement pas apporté les solutions appropriées alors qu'elles avaient pris à l'époque des engagements vis-à-vis de l'Unamab. Qu'il s'agisse du président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, du chef de l'Etat, les promesses faites sont restées presque lettres mortes, ce qui fâche de plus bel. Ces positions ne font qu'envenimer une crise qui était mise en veilleuses depuis le mois de février de cette année. Selon les indiscrétions, si rien n'est fait dans les prochains jours pour renouer le dialogue avec l'équipe de l'Unamab, la maison justice va rouvrir les portes des grèves et autres mouvements d'humeur, ce qui sera à coup certain déstabilisateur du système judiciaire de notre pays qui déjà, se battait pour sortir de sa situation.
A ce jour, les magistrats estiment qu'il faut à tout prix, la satisfaction totale dans les différents qui les opposent au ministre de la justice. Au terme de leur Assemblée générale du vendredi 06 juillet 2012, et après analyse de la situation, l'Unamab élève une vive protestation contre le décret n°2012-143 du 7 juin 2012 portant réglementation des frais de justice criminelle, correctionnelle et de police, car réduisant considérablement les traitements des magistrats, il décide de la suspension des cours d'assise et des sessions du tribunal pour enfant jusqu'à nouvel ordre ; l'union exige le retrait sans délais dudit décret avant le 20 juillet 2012 et le payement des indemnités de la session de la cour d'assise du ressort de la cour d'appel de Parakou, conformément au décret N°2005-235 du 25 août 2005. Aussi, la correction des affectations intervenues sur fond de règlement de compte de même que l'arrêt sans délais de la procédure d'affectation arbitraire en cours actuellement, sont-ils adjuré. L'Unamab met le Garde des Sceaux en demeure contre toute persécution et tout acharnement contre les magistrats et contre le non respecte de l'indépendance de la justice. Ainsi, le président de l'Unamab, Onésime Madodé et ses collègues attendent la date du 26 juillet prochain, pour afficher leurs nouvelles stratégies de lutte afin de réclamer leur droit.
Les autres points querellés sont aussi de divers ordres. Il s'agit entre autres, de la promotion des derniers magistrats au détriment des premiers, ce qui constitue aux regards des observateurs, une résolution tranchée du Garde des Sceaux d'opposer les anciens aux jeunes, en contradiction aux dispositions préétablies.
En plus de ces préoccupations, les magistrats exigent la prise d'un décret qui prend en compte la mobilité des Conseillers et Substituts généraux des cours d'Appel de notre pays, revendication toujours insatisfaite à ce jour. Il y a lieu de renouer avec le dialogue afin que la maison justice ne retombe dans les années jadis.