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Kerfalla Yansané (ph)
GUINÉE CONAKRY LE 29 JUIN 2012 © koaci.com - Le ministre de l’Economie et des Finances Kerfalla Yansané et celui des Mines Mohamed Lamine Fofana étaient hier jeudi devant les membres du Conseil national de la transition (CNT). C’est l’hémicycle du Palais du peuple dans la Commune de Kaloum qui a servi de cadre pour auditionner ces ministres incriminés dans l’affaire des 13 milliards de GNF et l’accord de prêt de 25 millions de dollars US.
Cette plénière présidée par Hadja Rabiatou Serah Diallo avait pour objectif d’expliquer devant les conseillers nationaux, les dossiers sur la tentative de détournement des 13 milliards de francs guinéens à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et l’accord de prêt des 25 millions de dollars sur les Mines signé entre le gouvernement guinéen et la société sud-africaine Palladino Capital.
Prenant la parole, la présidente du CNT a indiqué que cette audition de certains membres du gouvernement première du genre depuis l’installation de son institution n’est pas une chasse aux sorcillères mais, une pratique normale, régulière, légale et constitutionnelle.
Pour Hadja Rabiatou Serah Diallo, le CNT organe représentative de l’Assemblée nationale doit s’imprégner de toutes les activités du gouvernement et les minitres doivent répondre aux questions liées à l’action gouvernementale comme le stipule les articles 157, 88 et 89 de la constitution guinéenne.
«Dans toutes les nations, il est de tradition que le parlement invite les représentants du pouvoir exécutif dans le but de s’informer et d’être éclairé sur la gestion publique de la nation pour lui permettre de mieux comprendre et mieux évaluer l’action gouvernementale. Les moyens de contrôle de l’Assemblée nationale sur l’action gouvernementale sont les questions écrites ou orales avec ou sans débats auxquelles sont tenus de répondre le Premier ministre et les ministres. Les réponses données ne sont pas suivies de vote. Elles sont publiées au journal officiel », explique Hadja Rabiatou Serah Diallo avant d’inviter les citoyens au changement de comportement et de méthode de travail.
Abordant la tentative de détournement des 13,5 milliards de GNF à la BCRG, Kerfalla Yansané a insisté sur le fait que ce n’est pas le ministre des Finances qui signe les lettres qui sortent du Trésor : « Aucune lettre n’a été soumise au Ministère de l’Economie et des Finances. Des lettres ont été initiées dans certains endroits, concoctées et glissées dans des lettres normales par des personnes qui sont identifiées mais, qui sont en fuite et la justice les recherche», précise t-il avant de poursuivre : « Au Ministère de l’Economie et des Finances, les dépenses sont initiées par les départements ministériels à travers leurs DAF qui, en fonction de leurs crédits budgétaires engagent des dépenses pour la chaîne de dépenses avec les pièces justificatives nécessaires. Lorsqu’il s’agit des biens et services notamment le bon de réception, il est signé par toutes les personnes concernées. Ensuite, ces dossiers sont transmis à travers le processus de contrôle interne jusqu’au Trésor qui, finalement, prépare les documents de payement et ordonne à la paierie de faire les paiements, d’émettre les ordres de virement ou de paiement. Et le dossier qui est traité au niveau de la paierie revient à la direction du Trésor pour que celui-ci vise et émette dans un cahier de transmission pour envoyer les lettres de paiement naturellement, après signature du ministre des Finances, à la Banque centrale ».
Très remonté, le ministre Kerfalla Yansané s’est attaqué aux journalistes en ces termes: « On a observé des dérives au niveau des médias qui sont allés jusqu’à des attaques personnelles. Ce qui est anormal dans une démocratie. Il faut qu’ils se ressaisissent sinon, c’est la porte ouverte à tout. Nous pouvons accepter certaines choses, mais d’autres non. Certains médias ont dépassé l’acceptable et Madame la présidente, il faut que désormais qu’on se respecte entre nous, entre citoyen. J’entends que deux ministres sont accusés, mais on est pas acccusé, il y a peut être un manque de culture chez un segment de la population. Il est temps que les gens apprennent à vivre dans une société civilisée, policée. Les médias sont libres de dire ce qu’ils veulent ».
Pour sa part, le ministre des Mines et de la Géologie, revient sur la genèse du prêt des 25 millions de dollars entre la société Palladino Capital et le gouvernement guinéen en mars 2011. Selon le ministre Mohamed Lamine Fofana tout a commencé lorsqu’il a émis le souhait de mettre en place des fonds d’investissements miniers pour la Société guinéenne du patrimoine minier (SOGUIPAMI) qu’ils vennaient de créer : « Ils m’ont dit qu’ils sont Africains comme nous et qu’ils vont nous accompagner. Ils ont dit qu’ils ne nous demandent pas ce que les autres nous demandent. C’est comme ça que l’idée est née. Après ils sont revenus nous dire qu’ils ne peuvent nous donner que 25 millions de dollars US pour permettre le fonctionnement de la SOGUIPAMI ».
A en croire Mohamed Lamine Fofana, dans l’accord de prêt avec Palladino Capital, cette société n’aura que 30% des actions dans l’une des filiales de la SOGUIPAMI en cas de défaut de remboursement. Des filiales relatives à certains minerais dont la bauxite, l’or, le diamant l’alumine, les infrastructures minières.
Il faut signaler que sur les 154 conseillers nationaux, 113 étaient présents à l’hémicycle lors de l’audition des ministres. Outre, on pouvait aussi noter la présence du ministre du Budget, Mohamed Diaré et le Gouverneur de la Banque Centrale, Louncény Nabé.
Ibrahima, KOACI.COM CONAKRY, copyright © koaci.com |