Les négociations pour une sortie de crise au Mali ont débouché sur un accord signé par toutes les parties prenantes. Selon cet accord, le Président de la République par intérim, Dioncounda Traoré devra continuer comme Président de la transition après la période d’intérim qui prend fin ce mardi 22 avril. Et cela pour douze mois.
En revanche, le président du CNRDRE obtient le statut d’ancien chef d’Etat et bénéficiera de tous les avantages y afférents. Toutes les parties prenantes, à savoir les médiateurs de la Cedeao, Yépènè Djibril Bassolé et Adama Bictogo, le président par intérim Dioncounda Traoré, le président du Cnrdre, le Capitaine Amadou Haya Sanogo, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, sont signataires dudit accord.
Avec ce résultat obtenu par la médiation, peut-on s’attendre à une prise en main des affaires et des responsabilités par le désormais Président de la transition, Dioncounda Traoré ?
En tout cas, selon des sources proches de l’entourage du Président, « on ne lui permettra plus d’être amorphe, comme il l’a été pendant la période d’intérim. Il faut vite la stabilité des institutions, et le nord est à libérer ».
On retient que Dioncounda Traoré, au cours de la période d’intérim de 40 jours, n’aura vraiment pas gouverné du tout, encore moins le Premier ministre, même si le conseil des ministres se tenait. Dioncounda est resté retranché dans son quartier et aucun compte rendu sérieux ne lui était fait par les structures de la présidence.
En plus, il s’est accommodé aux structures et aux hommes qui étaient la présidence sous le Président ATT, sans jamais procéder à aucune nomination.
Le Président par intérim a eu une discipline de militaire face au Capitaine Sanogo, et comme il ne prenait aucune initiative pour occuper les hommes et l’espace, la nature ayant horreur du vide, le Premier ministre ne s’est pas privé de lui marcher sur les platebandes. Mais toujours est-il que ni le président de la République, encore moins le Premier ministre n’ont jamais rien décidé pendant ce temps, au point de mécontenter les chefs d’Etat de la CEDEAO, par l’inaction pour l’un et la méconnaissance du contexte pour l’autre.
Si Dioncounda a été reconduit pour la transition, c’est parce qu’il en a la légitimité constitutionnelle, ayant été élu président de l’Assemblée nationale.
Cet accord cadre permettra-t-il aux partisans de la Convention nationale de revoir leur copie ? Normal mais pas sûr.