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TRIBUNE: Economie générale de la vision du mouvement d'action panafricaine (MAP) pour le projet d'Etats unis d'Afrique
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Par MAP SENEGAL | 12/02/2012 | 01:12:20
::CONTRIBUTION PARTICIPATIVE POSTEE PAR UN KOACINAUTE ::

L'idée des Etats-Unis d'Afrique peut paraître globale, voire galvaudée dans les usages dilatés qu'on en fait. Aussi importe-il de lui donner un nouveau contenu politique et juridique, un nouveau programme, avec d'autres perspectives de lectures de l'Histoire politique africaine, des Relations internationales et de l'économie-monde. De la sorte, nous redonnerons une autre lisibilité et une autre charge d'anticipation et de vitalité auto-critique et offensive à ce concept qu'on eût voulu voir unifié, tandis qu'il était encore englué dans le culturalisme, confiné à des postures anciennes, inadaptées, et incapables de prendre la mesure des nombreux défis de l'Afrique, ce Continent à la fois riche et infiniment pauvre, paupérisé, aspirant au Droit à la souveraineté autant que celui-ci lui est refusé, tant il est phagocyté de l'extérieur comme de l'intérieur.

I-LA VISION DU MAP (MOUVEMENT D’ACTION PANAFRICAIN)

1-Ce qui caractérise la grandeur d’un projet et sa singularité, c’est la clarté, la justice et la vérité avec lesquelles il s'énonce, se définit et délimite ses définitions, ses objectifs, et les moyens pour les atteindre. Ensuite, la force de sa visée progressiste et émancipatoire, autrement dit, sa capacité à transformer profondément le destin économique, politique et social d’un continent, et de fait, celui de l’humanité.

2-Le Mouvement d’action panafricain (MAP), en tant qu’il se présente comme l’un des derniers grands mouvements panafricains, né au lendemain des Guerres de Côte d’Ivoire, de Libye et à l’orée du Printemps arabe, a pour ambition de conduire le continent africain vers la phase décisive de son unité historique, de son Développement économique et de sa souveraineté politique et géostratégique.

3-Ces trois étapes lui font encore largement défaut, car l’Afrique actuelle est divisée plutôt qu’unie, non émancipée économiquement en dépit des richesses astronomiques dont elle regorge, et est dépourvue de souveraineté politique, en dépit de son aspiration de plus en plus tangible à une véritable indépendance 52 ans après 1960.

4-Pour atteindre ses objectifs, le MAP entend dégager une nouvelle Vision des Relations internationales et du Développement (I) de l’Economie-monde (II) des Etats-Unis d’Afrique (III) et du Vivre-ensemble planétaire (IV). Il ne s’arrête pas sur la critique dominante et qu'il sait fondée de la stagnation des Etats africains, ni même sur celle de l’interventionnisme économique et militaire des Etats euro-américains et asiatiques en Afrique, qui souvent sont prescrits par des Accords de coopération ou par des Traités où l'Afrique bien souvent, se trouve en posture pour le moins déséquilibrée. Mais considère l’ensemble des régimes au pouvoir en Afrique ainsi que leurs partenaires extérieurs comme un état de fait qu’il convient d'analyser, d’améliorer, de fructifier, sur la base du multilatéralisme normatif. C’est donc au moyen de la théorie générale de la Norme qu’il entend opérer une rupture, une déconstruction de la politique des Relations internationales. Aussi le MAP adopte-t-il délibérément le Discours d’une coopération normative, qui s’appuie sur les règles, sur l’obligation de résultats et sur le bénéfice des échanges internationaux ou sous-régionaux fondés sur des normes objectives, performantes et complémentaires. Car le Mal africain, vient de l'absence d'application des Normes objectives, transparentes et équitables. Et le dépassement du Mal viendra par le courage de l'Application de ces Normes comme telles.

II. LES RELATIONS INTERNATIONALES

1-Après la décrispation des Relations Est-Ouest, le monde s’est mis à rêver d’un Nouvel Ordre International (NOI) où il y aurait plus de justice, d’attachement au droit international, à la démocratie parlementaire ou de type libérale, à la solidarité des Etats. Ce Nouvel Ordre que le monde était en droit d’attendre n’est pourtant pas advenu. Pas même entre les pays euro-américains et asiatiques d’une part et ceux du continent africain de l’autre, qui après les Conférences nationales de 1990, et la capitulation subséquente des partis uniques, avec leur réflexe de musellement de la presse, d'endoctrinement forcené de la jeunesses scolaire et estudiantine, de persécution de la sphère politique d’opposition, appelaient une autre forme de gouvernance et de coopération qui fussent normatives, plus ouvertes à des élections libres, avec des économies souveraines, et un type de développement multilatéral… L’Afrique est restée essentiellement le continent du partage selon le schéma du Congrès de Berlin de 1885 (avec ses frontières turbulentes) un continent totalisé par des tensions et déchiré par des conflits, avec des échanges extérieurs ne débouchant jamais sur le règlement pacifique des conflits internes, ni sur le co-développement du continent avec ses partenaires économiques et politiques traditionnels, et moins encore sur la souveraineté politique.

2-Or, ce que l’on attendait des Relations entre l’Afrique et ses partenaires historiques (anciens et nouveaux), c'étaient des échanges pragmatiques, susceptibles de déboucher sur une véritable rentabilité continentale, en tirant bénéfice du sous-sol éminemment riche du bassin de ces anciennes régions historiques gorgées de pétrole, et de richesses multiformes, en explorant autrement l’écosystème, pour sortir les populations du marasme économique actuel, du mal-développement, de l'absence de couverture sociale, et pour faciliter le transfert des technologies, et l’auto-exploitation des matières premières endogènes.

3-Les Relations internationales caractérisées par des échanges disproportionnés, heurtés, soldés par des mauvais choix de développement (PAS, Menace d’une Seconde Dévaluation du franc CFA inopportune, obstructionnisme forcené de la Françafrique), gagnaient largement à se normaliser, en recherchant mutuellement des solutions autrement plus efficaces, plus pacifiques, plus attachées au Développement durables (équilibre entre Economie et Nature) et pour le moins bénéfiques au continent, pour le dégager de son instabilité et de sa double marginalité économique et politique actuelle. Or, cette exclusion, et cette instabilité, propres au schéma de l’ancien modèle unilatéral des Relations internationales daté du XIX ème siècle, apparaît aujourd'hui comme obsolète, et comme un obstacle têtu dans le schéma actuel d’aspiration par l’Afrique à un Nouvel Ordre International (NOI) selon le prisme de l’interdépendance et de la mondialisation économique, postulation qui achoppe encore à la résistance d’une tendance à l’unilatéralisme et au rejet du principe de la réciprocité des intérêts et de l'application stricte des Normes mutuellement fixées dans les Relations internationales.

III- POUR UNE AUTRE POLITIQUE DE L’ECONOMIE-MONDE

1-L’Economie-monde est le rêve de la fin du XXème siècle, avec pour théorie ce que l’on a appelé l’effet papillon, qui repose sur l’idée qu’un Acte posé par un Etat (e) de la planète peut avoir des conséquences immédiates sur un pays (p). Les échanges économiques sont donc devenus globaux, en supposant une plus grande attention dans notre relation générale et commune aux Autres, aux espèces, à la Planète - à la Terre – et à l’usage de l’armement nucléaire, à l’équilibre économique des grands blocs, à notre gestion des problèmes liés aux Droits de l’homme, à la paix, à la démocratie, à la coopération économique, à la justice internationale (CPI)…

2-Or, là aussi, il est apparu que le projet d’habiter la Terre comme si elle nous appartenait tous en propre, et de faire des échanges multilatéraux achoppent encore à un mode de gestion vétuste de l’économie internationale, avec une pratique des barrières douanières sévères en matière de commerce international, un usage sectaire de régulation de la monnaie et de la finance entre les seuls grands blocs américain, européen et asiatique… L’Afrique, sous le régime misérable du Franc CFA, est demeurée complètement exclue de l’économie-monde, qui vit en dessous du seuil de compétition internationale, et hors des critères de convergence des économies de marché. Or, continuer d’exclure l’Afrique de cette dynamique, en la reléguant à une zone faible de consommation et non d’initiative économique, c’est aussi appauvrir l’économie-monde elle-même et maintenir une politique et une philosophie mondiale des échanges pauvre, inégalitaire et hiérarchisante.

3-Aussi le MAP, soucieux de faire de l’Afrique un Bloc économique, qui reprendrait l’initiative économique, aux fins de l’engager dans le processus d’un véritable échange « gagnant-gagnant » avec les trois autres grands blocs économiques actuels, a fait le choix d’unir l’ensemble du continent africain, pour le constituer comme une terre économique fiable, capable de se développer et d’échanger avec ses propres Etats-nations, redevenus un marché puissant et stable. L'change afro-africain est un pari que le continent africain doit se donner comme une stratégie efficiente.

IV-LA VISION DES ETAT-UNIS D’AFRIQUE ET DU VIVRE-ENSEMBLE PLANETAIRE

1-La lecture politique du MAP prend en compte la vision des pères fondateurs du panafricanisme, allant du panafricanisme afro-américain et anglais (Henry Sylvester-Williams, William E. Burghart Dubois, Marcus Garvey, Georges Padmore…), jusqu’au panafricanisme africain, qui culmine avec la vision des Etats-Unis d’Afrique, laquelle est l’aboutissement d’un processus évolutif et normatif : avec la redécouverte de son unité culturelle, historique et politique, comme base de la confédération des Etats-nations (Cheikh Anta Diop), laquelle confédération s’ouvrira à son tour sur leur fédération (Kwame Nkrumah, Alioune Diop, Cheikh Anta Diop…), avec l’opération d’un transfert graduel de la souveraineté des Etats-nations sur la souveraineté de l’Etat fédéral et la mise en place d’un Gouvernement fédéral, libéré des dispositions contraignantes des Accords de coopération, lesquelles seraient alors à déconstruire (Grégoire Biyogo). Ce néo-panafricanisme-là sera auto-critique, attaché à corriger les erreurs du passé, sans le ignorer mais en s'enrichissant de leur compréhension et de leur dépassement. Ceci passe par la création d’un ensemble d’institutions nouvelles fondatrices de l’Etat fédéral (Constitution, Gouvernement fédéral, Cour pénale, Banque, principe de convergence des économies nationales, convergence de la fiscalité, de la politique étrangère continentale et de la Défense fédérale, avec la théorie des Etats moteurs poussant les autres Etats comme des Wagons plus offensifs pourraient en pousser d'autres encore fragiles). Ce ne sera pas un Etat fédéral fictif, seulement rattaché par les impératifs du Marché, mais il s'appuiera
sur une vision philosophique profonde, où les Concepts de Maât (équilibre de la Totalité, Vérité et ordre équitable) seront revisitées, ainsi qu'une conception objective et critique de l'histoire, avec la redéfinition des Antiquités africaines à partir de ses trois principaux foyers : Domaine sub-saharien ancien, foyer égypto-nubien, foyer arabo-phénicien d'origine africaine.

2-Le vivre-ensemble planétaire est un projet avorté, un rêve inachevé, une réalité encore brisée dès son éclosion même, à partir du moment où les instances internationales n’intègrent pas le principe de l’élargissement de la représentation de l’ensemble des pays de la planète, notamment ceux du Sud dans les organismes monétaires (FMI). Ainsi de l’ONU, sans l’Afrique, une Afrique toujours confinée à soutenir paresseusement la position parfois arbitraire des grandes puissances siégeant sans partage au Conseil de Sécurité… D’où le travail actuel d’interpellation du MAP au sujet de la théorie des équilibres par le développement multilatéral et équitable de la planète. Ainsi donc, le MAP entend-il rééquilibrer les pôles de décision économiques, politiques et industrielles entre les pays et les continents, en faisant de l’Afrique un grand bloc politique, avec une Voix qui puisse compter et peser au concert des Nations, qui devra apporter sa contribution diplomatique, son choix écologique, son regard attentif à l’altérité, sa différence critique, son partenariat normatif.

3-Aider à recréer la visibilité et la présence du continent africain, c’est aussi contribuer à impulser des rapports véritables d’interactivité à notre monde lui-même, en lui redonnant les moyens de récuser les velléités stupéfiantes d’exclusion qui enserrent encore ses usages des relations internationales et contribuer à mieux rationaliser le vivre-ensemble planétaire, à mieux l’équilibrer. Cela passe par une Afrique libre, économiquement fiable, politiquement unie, avec des partenaires acquis aux impératifs du multilatéralisme, du multiculturalisme, et d'une coopération contemporaine des normes de convergence de l’économie-monde, avec une Afrique compétitive aspirant de plus en plus à la complémentarité, à la souveraineté et aux échanges équitables et pacifiques. Car ce qui lui manque le plus c'est de re-prendre en main ce destin de puissance minière, d'abondance des ressources naturelles et écologiques que la Nature lui a donnée. Comment en être plus longtemps encore exclue ? Comment s'appauvrir sans cesse de ce que l'on est riche ?

Grégoire Biyogo, Président du MAP-France, politologue, poéticien, égyptologue, méthodologue, mvettologue et préfacier, professeur au Laboratoire de Logiques contemporaines de l’Université de Paris VIII.


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