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::CONTRIBUTION PARTICIPATIVE POSTEE PAR UN KOACINAUTE ::
Lettre à un Ami sénégalais...
J'ai parfaitement intercepté ton Appel à la Résistance, et à la vérité, j'en étais encore à réfléchir sur ce qui vient de se passer au Sénégal, en m'appuyant formellement sur les Textes de droit positif en vigueur au Sénégal. Que le président sortant, en juriste, se soit avisé de contourner la Loi fondamentale qui dispose que le Mandat présidentiel se limite à deux exercices en souhaitant faire un Troisième Mandat est déjà bien surprenant et illicite.
Mais qu'il ait renoncé à s'y prendre en usant des voies que lui donnait par ailleurs cette même Constitution, laquelle l'autorise exceptionnellement à en modifier ses articles en vertu du pouvoir discrétionnaire dont jouit le Président de la République, voilà qui est inquiétant.
En effet, le Président Abdoulaye WADE aurait pu convoquer un Référendum pour avoir la position du peuple sénégalais sur cette question de manière formelle. Etait-il incertain du verdict de cette concertation ?
L'autre voie dont il disposait était de soumettre la discussion au Parlement, en ces deux Chambres, d'autant qu'il dispose de la Majorité absolue, avant de soumettre la Requête au Conseil Constitutionnel, l'instance d'arbitrage la plus élevée certes, mais qui reste un corps d'élite et de magistrats dont la nomination échoit au seul Chef de l'Etat.
Avait-il le droit d'en référer directement au Conseil constitutionnel ? Oui, mais une pédagogie politique aurait du précéder ce choix, qui lui a cruellement fait défaut.
En passant outre Les deux voies référendaire et parlementaire qui s'offraient à lui, au moins avant de soumettre la requête au Conseil Constitutionnel pour trancher, le Président Abdoulaye WADE, bien que sa candidature à un troisième Mandat ait été validée par la Haute Cour, et que la procédure qu'il a intentée soit à la fois anticonstitutionnelle (en amont) et parfaitement constitutionnelle (en aval) n'en est pas moins en posture marginale vis-à-vis de l'opposition, de la société civile, de la Presse, des Mouvements étudiants et de la jeunesse...
Ainsi donc, l'Acte de Maître Abdoulaye Wade, pour être anticonstitutionnel, n'en est pas moins constitutionnel. Comment dès lors trancher l'aporie ? Peut-on pour autant demander à la Haute Chambre de se dédire sans créer une grave crise constitutionnelle ? Cela paraît difficile du fait du risque de son affaiblissement comme en Côte d'Ivoire où, après avoir dit le Droit, et déclaré GBAGBO Président de la République, le Conseil Constitutionnel a été contraint de se récuser à la suite des pressions illégales extérieures et de proclamer OUATTARA Président de la Côte d'Ivoire.
Comment dès lors résorber cette crise qui expose le Sénégal, l'un des pays dont les institutions sont les plus stables, et les plus démocratiques en Afrique ? Comment résoudre le conflit des interprétations ?
1-Il y a trois solutions, où les Sénégalais sont légalistes, et laissent WADE se présenter et le font battre démocratiquement, mais en refusant la décision de la Cour d'exclure le Candidat Youssou NDOUR de la compétition suprême.
2-Ou ils exercent leur droit de contestation des Décisions du Conseil Constitutionnel, jusqu'à obtenir de Maître WADE le renoncement à cette troisième candidature aux élections présidentielles pour le moins litigieuse.
3-Le moyen terme existe : convoquer une Congrès de Crise et trancher, cette fois en élargissant les Congressistes aux autorités religieuses et aux sages, pour apaiser les tensions aux résultats imprévisibles. Cela suppose aussi l'Accalmie des tensions et la suspension immédiate des interventions policières.
En marge de ce terrible conflit d'interprétations, je rappelle que le Grand Ennemi ici est ailleurs, c'est le risque permanent de la perte de la souveraineté par les Etats de droit africains, au bénéfice d'une équipe locale qui serait placée par Washington, Paris ou une tout autre grande puissance... et qui viendrait comme dans la plupart des pays africains diriger par personne interposée. Le Sénégal doit éviter de tomber dans le piège de la servitude, que vient de lui tendre cette crise interne. La Démocratie, c'est aussi la capacité à résoudre les crises en interne, sans s'inféoder à toute forme de servitude extérieure. Or, l'opposition et la société civiles appellent déjà à cette "opinion internationale" dont nous connaissons les dévoiements, les partis pris, et surtout le choix de la recolonisation de l'Afrique...
Professeur Biyogo, Laboratoire de Logique de Paris VIII.
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