TRIBUNE GABON: Discours de Me Paulette Oyane Ondo Meeting Opposition/Société Civile Place de Nkembo, Libreville 14 janvier 2012
 
Paulette Oyane Ondo (ph)

::ACTUALITE INFO NEWS GABON::CONTRIBUTION POSTEE PAR UN KOACINAUTE ::

Chers amis, chers compatriotes,

J’aimerais d’abord vous dire du fond du cœur le plaisir que nous avons tous et chacun d’entre nous à vous retrouver aussi nombreux sur cette place mythique de Nkembo, unis par le même idéal et la même volonté d’obtenir le plus vite possible l’alternance dans notre pays.

Je suis donc très heureuse de compter parmi les personnes qui ont l’honneur de s’adresser à vous cet après-midi. Et, je remercie pour cela les organisateurs et tous les membres du Présidium de notre plate-forme commune opposition/société civile.

Chers amis, chers frères et sœurs,

Je veux vous dire que je suis frappée par la vitalité et la détermination avec laquelle vous avez exprimé votre refus de continuer à participer à des élections truquées.

Vous vous êtes saisis lucidement du débat politique ouvert à la suite de la décision arrogante prise par le pouvoir d’organiser vaille que vaille et à l’improviste des élections législatives sans en garantir ni la transparence, ni la sincérité, ni la crédibilité.

En connaissance de cause, et après avoir entendu tous les acteurs, vous avez tenu à dire qu’en l’état actuel de leur organisation, les élections n’étaient pas un instrument efficace du changement politique au Gabon.

Vous avez, en toute assurance, tenu à rejeter sans la moindre ambiguïté, comme nous vous avons invité à le faire, une pratique dépassée du pouvoir consistant à mépriser votre choix en lui substituant des nominations électorales opérées dans des officines et des cercles privés.

Aujourd’hui, vous êtes les garants du refus des parodies électorales.

Chers amis, je sais bien qu’à la suite de l’acte que vous avez posé le 17 décembre dernier, certains esprits chagrins tentent de vous faire croire à la télévision, au quartier, au marché, dans vos lieux de travail, au lycée et à l’université que cela n’a servi à rien.

Alors, je ne veux pas être méchante avec ces gens-là, mais je crains que ceux qui parlent ainsi ne souffrent au minimum d’une sévère amnésie.

Je crains qu’ils ne soient simplement dans la distraction.

Parlons franchement : combien de fois avons-nous entendu vos récriminations?

Combien de fois avons-nous entendu vos reproches légitimes sur le fait de participer depuis des années à des élections que l’on sait gagner d’avance et de crier à la fraude après ?

Combien de fois nous vous avions entendu dire qu’il ne sert à rien de saisir la Cour constitutionnelle, car cela ne change rien ?

Vous-même, le peuple gabonais, vous considérez que la Cour Constitutionnelle se comporte comme un organisme spécialisé du parti au pouvoir chargé d’investir les candidats choisis par le pouvoir !

De ce spectacle désolant et épuisant pour vous, il fallait bien y mettre un terme.

C’est la raison pour laquelle vous avez le 17 décembre dernier vous avez envoyé au mon entier un signal au monde entier, je dis bien au monde entier, en disant clairement que vous entendez désormais que vos choix soient respectés.

Par votre attitude de non coopération et de non participation aux élections de décembre dernier, vous avez enfin créé un nouvel état d’esprit.

Vous avez décidé par cet acte que vous, le peuple gabonais, que vous êtes le seul et l’unique du Pouvoir.

Vous avez manifesté votre volonté de vouloir la démocratie ici et maintenant !!

En le faisant en toute conscience et en toute responsabilité, vous avez tenu à porter la parole universelle d’exigence de la liberté et de la dignité qui sont en définitive, le programme commun de tous les peuples dans tous les pays et sous toutes les latitudes.

Ce choix porteur d’espoir constitue ce que j’appelle l’an zéro de la vie publique gabonaise. Car, à partir de cet acte, rien ne se passera plus jamais comme avant.

Mais en même temps, chers frères et sœurs, ce choix porteur d’espoir est également pétri d’exigences, à commencer par l’exigence du rassemblement auquel vous nous conviez et que vous aviez toujours appelé de vos vœux.

Car, vous mêmes avez compris et senti depuis longtemps et les premiers avant vos leaders, que seul le rassemblement, l’unité de l’opposition, pouvait faire bouger les choses et vous amener le bien-vivre, le bien-être et la décence d’une vie digne.

Je veux vous dire à cet effet que votre détermination nous a inspiré et nous a conduits au rassemblement.

Je vous annonce que l’opposition et société civile Search société civile ici rassemblées ont décidé de ne plus faire de la politique pour un homme, pour un candidat ou pour un parti, mais pour une immense ambition collective.

Nous vous proposons un nouvel horizon politique à travers notre nouvelle plate-forme.

Il est fini le temps de l’éparpillement des énergies au sein de l’opposition et de la société civile Search société civile !

Nous avons dépassé le temps des querelles personnelles et de la bataille des égos. Car, nous avons compris que cet éparpillement affaiblit le discours Search discours et la cohérence de l’opposition et de la société civile, tout en faisant le lit et le jeu des détenteurs du pouvoir.

Nous avancerons désormais unis devant le pays et nous ne nous associerons pas avec ceux qui bafouent les intérêts du peuple gabonais.

Nous avons pris cette décision en conscience et en responsabilité parce que le Gabon a besoin de changement, parce que vous méritez ce changement.

Ce changement ne peut venir que de ce côté-ci de l’échiquier politique, d’une opposition responsable, ambitieuse et rassemblée autour d’un projet novateur.

Et, ce projet c’est l’alternance.
Bien sûr, nous sommes conscients et vous aussi, de la difficulté à mener ce combat dans le contexte de dérives autoritaires et de restriction des libertés : suspension de la presse écrite et télévisée qui émettent une opinion discordante ; aux revendications légitimes des étudiants de leurs bourses, on oppose la force des baïonnettes.

Mais je veux vous dire, mes amis, que l’immensité de notre ambition nous interdit de nous laisser encore intimider.

Car, vous avez décidé le 17 décembre de vous libérer par vous-mêmes.

Et, nous avons confiance en vous.

Nous avons confiance, parce que vous êtes des gens magnifiques et que vous portez en vous des ressources puissantes.

Nous avons confiance, parce que vous avez compris que c’est vous les maîtres du jeu et que vous avez compris que le problème c’est votre soumission passive au pouvoir. Car, on ne vous domine que parce que vous acceptez de vous laisser dominer.

Nous avons confiance parce que nous travaillons désormais collectivement et sans relâche pour l’alternance.

Nous avons confiance, parce que nous savons compter sur votre refus de continuer à cautionner la géopolitique qui tue les intelligences, les compétences et les énergies en discriminant et en excluant de la vie publique des dizaines de milliers d’entre vous au nom de considérations ethniques, provinciales et claniques.

Chers amis, je vous prie de me croire, nous gagnerons parce que vous ne voulez plus d’une société brutale où l’humain n’est pas au centre des préoccupations de ceux qui vous gouvernent ;

Nous allons gagner parce que vous ne voulez plus de la pauvreté absurde qu’on vous impose et qui vous laisse au bord du chemin, qui laisse mourir nos enfants aux portes des hôpitaux faute de prise en charge, qui au lieu de construire pour loger décemment et dignement les gens (car le logement c’est la dignité de la vie) détruit le peu qu’ils ont tout en se réjouissant de façon irresponsable du désarroi des gens.

Nous allons gagner parce que vous en avez assez de la propagande politique permanente qui débouche sur le néant, des foucades et des coups de menton viriles pour impressionner on ne sait trop qui, en cherchant à vaincre au lieu de convaincre.

Nous sommes confiants dans notre victoire prochaine parce que ceux qui constituent le ferment de notre peuple ne veulent plus qu’on se moque d’eux chez eux, ils ne supportent plus que les étrangers aient plus de droits que les Gabonais eux-mêmes dans la haute fonction publique, dans les administrations, au marché, dans la rue, dans le secteur privé et même dans le fonctionnement des missions régaliennes de l’Etat.

Nous sommes confiants parce que nous savons que les Gabonais n’en peuvent plus de l’inertie coupable des pouvoirs publics face au désarroi et à l’effroi que suscitent en nous les assassinats de jeunes gabonais et de jeunes gabonaises à des fins de sorcellerie et de fétichisme électoral et administratif.

Nous sommes confiants parce que nous savons que vous êtes conscients de ce qu’il ne saurait y avoir d’ordre et de sécurité dans une société où règne l’injustice.

Les Gabonais ne supportent plus l’impunité caractérisée de ceux qui sont dépositaires de l’autorité publique et qui ne pâtissent jamais de leurs fautes, de leurs transgressions et de leur manquement.

Nous sommes enfin confiants parce que nous vous savons mobilisés plus que par le passé, depuis le 17 décembre dernier.
Mes chers amis, la tâche de la politique et des responsables politiques c’est de tracer des perspectives pour que le combat que nous menons ait une chance d’aboutir.

Il faut donc donner, à l’existence de nos compatriotes quelque chose qui semble lui manquer : c'est-à-dire un sens à la fois du point de vue de la signification de notre combat, mais aussi de la direction de celui-ci.

Aux Gabonaises et Gabonais présents ici, et au-delà ceux qui nous écoutent dans le Gabon profond, je propose de nouer un nouveau pacte.

Ce pacte doit être fondé sur le retour à la République et sur la modernisation de nos comportements.

Revenir aux sources de la République doit nous faire saisir à quel point notre pays souffre d’un déficit démocratique presque unique en Afrique.

Le Gabon depuis 1990 a raté l’ouverture démocratique qui aurait permis l’acquisition et la reconnaissance d’un certain nombre de droits à l’opposition et des plages de libertés individuelles et collectives pour les citoyens.

Ce modèle, qui doit à l'exigence de progrès et de justice, ne s’est hélas pas implanté au Gabon.

Face à cela, il nous faut adopter une attitude citoyenne et républicaine.

Car, la citoyenneté est à la fois la base du fonctionnement de la République et de la démocratie, et elle doit être fondatrice de notre combat actuel pour le changement véritable.

Être citoyen, c’est être conscient de ses droits et de les exercer sans complaisance ni faiblesse.

Être citoyen, c’est se fixer des objectifs pour l’intérêt général et se donner les moyens de les atteindre. Et le premier objectif aujourd’hui pour nous ici au Gabon est d’imposer rapidement l’alternance politique.

Être citoyen, c’est sous bien des aspects être un humaniste avec pour fin dernière, la libération intégrale de la personne humaine.

Chers frères et sœurs, cet impératif de la citoyenneté qui est l’âme de la démocratie et de la République impose de profonds changements culturels et d’évolution des mentalités.

Dans cet esprit, je vous demande de défendre vos droits.

Je vous demande de ne plus tolérer aucune injustice dont vous vous sentez l’objet.

Je vous demande de ne plus laisser quiconque vous dicter des choses qui vont à l’encontre de vos convictions.

Je vous demande de ne plus laisser quiconque vous marcher sur les pieds sans réagir.

Je vous EXHORTE à la résistance, car le premier devoir d’une conscience libre, c’est de résister à l’oppression d’où qu’elle provienne.

Je vous invite à abandonner votre habituel « on va encore faire comment ! ».

Je vous demande de ne plus céder aux intimidations, au chantage et à la peur. Car, rien n’est plus étranger à la République et à la démocratie que des comportements de soumission béate, de démission, d’irresponsabilité et de refus d’assumer et de garantir le respect de ses droits.

Et le choix est entre vos mains, car c’est de vous que provient la légitimité du pouvoir politique, y compris du combat que nous menons.

Voilà ce que nous voulons,

Voilà l’ambition que nous nourrissons,

Voilà la dynamique qui nous porte.

Chers compatriotes, avec vous, nous voulons faire vivre la République et créer les conditions d’une alternance et d’une Démocratie viable.

Je viens de vous dire la méthode et le mode d’emploi.

Mais nous n'y parviendrons vraiment que si vous savez nous faire confiance et si nous, à notre tour, nous respectons la parole que nous vous donnons.

C’est ce pacte nouveau et refondé que nous vous proposons.

À toutes les Gabonaises et à tous les Gabonais qui sont présents ici au Gabon et à ceux qui vivent à l’étranger, nous disons ayons confiance et foi en la pertinence de nos efforts et au succès de notre travail.

Vive le Peuple gabonais

Vive la République

Vive la démocratie.

Maitre Paulette OYANE-ONDO

Avocate au Barreau du Gabon

Présidente,

CENTRE POUR LA PROMOTION DE LA DÉMOCRATIE

ET LA DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME AU GABON

CDDH GABON

Organisation Non Gouvernementale, non partisane, à but non lucratif, à but non lucratif

Récépissé définitif N° 112/MISPID/SG/CEI du 10 décembre 2009

BP : 6807 – Libreville – Tél. : 06 26 73 12 – E-mail : cddhgabon@gmail.com



Ps: KOACINAUTE = MEMBRE PARTICIPATIF DE KOACI INSCRIS SUR KOACI (lien inscrit toi en page d’accueil)
 
 
1997 Visit(s)    0 Comment(s)   Add : 16/01/2012
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