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Ce mercredi, le personnel en grève devant un hôpital de Lomé (ph Aghu)
:: Article de la rédaction de Koaci.com au Togo::
Le personnel des différents centres hospitaliers togolais est entré dans sa 3ème semaine de mouvement de grève. Depuis hier, mardi 14 juin, les praticiens hospitaliers observent un sit-in à lieu du travail. La plupart des services pathologiques ne sont pas opérationnels. Le service minimum est seulement assuré à la réanimation et au service des urgences.
Médecins, infirmiers sages-femmes, gardes malades…, ont momentanément rangé leurs bistouris, seringues, ciseaux, alcool et autres. Ils se mobilisent d’abord pour l’obtention de meilleures conditions de travail. Dans leur blouse, ils sont presque tous assis dehors, en attente d’informations venant de leurs responsables syndicaux. Dans certains centres tels que le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Tokoin et l’hôpital secondaire de Bè, la mobilisation est toute particulière. Les agences de santé affichent leur détermination à travers des chansons populaires et des slogans syndicaux.
A Bè, bastion de l’opposition, la population n’est pas restée indifférente devant la manifestation des praticiens de la santé. Elle s’est spontanément jointe à ceux qui ont accompagné des malades dans cet hôpital pour ériger des barricades sur la voie qui longe le centre. Les usagers sont alors contraints à une déviation circonstancielle. La police anti-émeute arrive rapidement sur les lieux munie de matraques et de grenades lacrymogènes pour dégager la voie.
Sur le visage des malades et leurs accompagnateurs, se lit la désolation. Seuls les cas d’urgence sont admis dans les hôpitaux. Les autres malades sont simplement priés à se faire consulter dans les cliniques privées. « Ce n’est pour nous un plaisir ou une fantaisie de refuser de soigner nos propres frères. Il faut que les malades comprennent que les conditions pour bien les prendre en charge ne sont pas réunies », a expliqué M. Alassani, point focal du Syndicat national des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) à l’hôpital de Bè. Mais pour bon nombre de Togolais, leur bourse ne leur permet pas de se faire traiter dans les cliniques privées. «L’Etat ne pense pas à nous. Regarder ce que nous percevons comme salaire mensuel. Dans quelle clinique de Lomé nous pouvons nous aventurer. On ne peut pas supporter une telle charge », rétorque M. Abalo qui a amené son fils aux soins au CHU Tokoin.
Le SYNPHOT a lancé son mouvement de grève de puis le mois de mai. Pour les deux premières semaines, 72 heures de grèves ont été observées. Le mouvement de cette 3ème semaine est lancé pour quatre jours, de mardi à vendredi. Les revendications inscrites dans le préavis de grève envoyé au gouvernement concernent l’adoption du statut particulier du corps de santé, la dotation des CHU de connexion internet, le versement de l’appoint de 180000 FCFA au titre de l’année 2010 ; l’audit associant les membres du syndicat de la formation sanitaire publique et la fixation du montant de primes de garde et d’astreinte. Des rencontres ont eu lieu presque tous les jours entre le gouvernement et le SYNPHOT mais les deux parties ont toujours eu du mal à aller à un accord.
Cependant, il y aurait eu une évolution notable dans les négociations lors de la réunion de ce mercredi à la primature. « Nous sommes presque arrivés à un accord sur tous les points. Le document final est en rédaction. Si les termes de ce document satisfont les deux parties, l’accord sera signé peut être demain », à indiqué Pr Ekoué David Dosseh, président du SYNPHOT. Mais il a surtout lié la suspension de la grève au payement de l’appoint (les 180000FCFA) au titre de l’année 2010.
Aghu, Koaci.com Lomé |