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Soutien à la consommation face à la vie chère, comment procéder !!!
Le gouvernement guinéen doit prendre des mesures pour faire face à la vie chère pour ne pas que la situation dégénère comme au Niger en 2005 (manifestations contre la vie chère et pour la suppression de la TVA) et plus près de nous, ce qui se passe au Maghreb, Algérie, Tunisie et Lybie
La crise économique entraîne une réduction de la consommation parce qu’il faut être prudent en gardant nos économies et qu’emprunter devient plus difficile. Ce déficit de consommation se répercute sur la production et conduit au chômage qui lui même réduit la consommation. Nous sommes entrés dans une spirale infernale; car la crise qui sévit actuellement est devenue une crise économique et sociale: pauvreté et chômage endémique.
Face à une telle situation, tous les gouvernements prônent la relance. Peu importe souvent les déficits, nos enfants essaieront de rembourser demain, disent même certains. L’important est de relancer la machine pour ne pas mourir maintenant.
La relance mais comment ?
Par la consommation privée, (personne n’envisage d’augmenter la consommation publique par la croissance du nombre de fonctionnaires par exemple, car l’Etat est un mauvais agent économique sauf dans les secteurs stratégiques et ceux non concurrentiels): la relance par la consommation doit viser essentiellement les couches pauvres de la population et la classe moyenne (même si on peut se demander sur l’existence d’une réelle classe moyenne en Guinée). Pour les plus riches, cela ne sert à rien .Ils ont les moyens de consommer même en temps de crise. Il faut simplement éviter qu’une trop forte augmentation de leurs impôts ne les poussent à partir à l’étranger et ne pas leur demander une réduction de leur consommation qui ne ferait que renforcer la crise.
Pour les plus pauvres. On peut envisager de baisser la T.V.A. sur les produits de premières nécessités (nourriture, habillement) ou de faire bénéficier les pauvres d’une aide directe (prime de Noël, prime de rentrée scolaire, impôt négatif…comme en France).
La Lybie annonce une exonération des taxes sur les produits de base. Au Mali, le gouvernement avait décidé, de mesures d’exonération de droits et taxes au cordon douanier afin d’assurer un approvisionnement correct du pays en riz suite à la décrue forte de l’offre de riz sur le marché malien.
La mesure est entrée en vigueur le 1er avril et s’est poursuivie jusqu’au 30 décembre 2008. Ce qui est intéressant c’est qu’un communiqué publié précisera que l’exonération concernera les seuls droits et taxes perçus au cordon douanier.
Au Niger, la coalition contre la vie chère, avait obtenu la suppression de la TVA sur quatre denrées de consommation, à savoir : le lait, la farine de blé, ainsi que les tranches sociales d’eau et d’électricité.
En n’achetant plus de voitures ni de logements, les classes moyennes sont à la fois les victimes et les acteurs principaux de la crise économique et sociale. Ce sont elles qui doivent bénéficier, en priorité, de l’effort des pouvoirs publics : réduction d’impôts, prêts à taux zéro, et autres.
On peut aussi réduire le coût du travail peu qualifié en réduisant les charges sociales. Il est fréquent dans le commerce.
Par l’investissement public; c’est le choix qui doit être fait par le gouvernement dans les années à venir: le lancement de grands travaux, anticipations des dépenses militaires (dans le cadre de le réforme des forces de défense et de sécurité) et aide directes à l’entreprise. Ces mesures ne sont guère contestables car elles sont génératrices d’économies et de profits futurs même si les retombées en termes d’emploi ne sont pas immédiates. Préparer l’avenir en investissant est une ardente obligation pour les entreprises même en période de crise ; faute de moyens elles ne le feront pas sans aide de l’Etat et ne seront pas capables de fournir des biens et des services au moment de la reprise.
Relancer la consommation pour créer rapidement de l’emploi en priorité pour les moins qualifiés, relancer l’investissement pour assurer l’avenir recueille une large approbation de la part des décideurs même s’ils peuvent diverger sur le niveau souhaitable des aides et leur répartition. Il reste cependant une question difficile : quels peuvent être le rôle du chef d’entreprise dans la relance et le rôle du don (aides de l’Etat) dans l’économie perturbée d’aujourd’hui ?
Le rôle de l’entreprise (les opérateurs économiques). C’est elle qui, in fine, sera le moteur de la reprise et créatrice d’emplois. L’attitude de son responsable sera déterminante. Il est d’abord comptable de la santé de son entreprise mais doit se projeter vers l’avenir et se laisser guider par un optimisme raisonnable ; l’espérance est une vertu qu’il peut cultiver. Soutenu par le plan de relance gouvernemental, il prêtera plus s’il est banquier, il investira plus s’il est industriel (bon, le terme peut être pris avec beaucoup de précaution, car nos opérateurs économiques sont plus commerçants qu’industriels) sans oublier la recherche et le développement.
La création de valeur devient une obligation incontournable. Pour favoriser la croissance à court terme il pourra aussi, s’il le peut, avoir une politique salariale dynamique, payer plus vite ses fournisseurs.
Le rôle des aides dans l’économie d’aujourd’hui. Dès l’instant où l’on ne croit plus à la prééminence absolue du marché pour réguler l’économie et réduire les poches de pauvreté l’intervention de l’Etat a toute sa place dans une politique de relance malgré ses insuffisances. Le plan de relance est, pour une part, axé sur les aides: aides aux banques, aides aux entreprises, aies aux personnes en difficultés, rejoignant ainsi les méthodes de soutien dans les pays en développement largement fondé sur le don ou l’effacement des dettes.
Depuis longtemps l’économie de marché n’a pas été suffisante pour assurer le développement des pays en développement, il en est de même aujourd’hui dans les pays riches. L’intervention de l’Etat peut être efficace si son utilisation est contrôlée ; l’aide au pays en développement n’a souvent servi qu’à enrichir les classes dirigeantes et à empêcher les plus pauvres de mourir de faim mais n’a pas permis l’émergence d’une classe moyenne. Il ne faudrait pas que les aides directes aux personnes servent à accroître leur épargne ou que les aides aux entreprises permettent d’augmenter les dividendes ou la rémunération des dirigeants. Si le dicton « donner et retenir ne vaut » se conçoit pour les individus puisque la dignité de la personne aidée est en cause, il n’en est pas de même pour les entreprises; mettre des conditions à l’octroi d’une aide est légitime.
Face à la crise, les pouvoirs publics ont vite réagit en occident, mais rien ne réussira sans le concours de la société civile dans les pays en développement: entreprises et particuliers. Ce sont nos décisions journalières qui feront le succès de la relance: favorisent-elles la consommation et l’emploi ?
C’est la question que nous devons régulièrement nous poser forts de notre espérance en un avenir meilleur pour tous.
FOROTO MOUGOU - (mougoufroto@yahoo.fr)
"La vérité, c'est comme du piment, ça ne crève pas les yeux, mais les fait rougir seulement"